si tu n'as pas étudié, voyage...

Depuis 1982 mes petits et grands voyages autour du monde sont l'occasion d'engranger une moisson d'images saturées d'informations sur la vie,dans les paysages du monde entier,entre photographies et carnet de route ...

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Tassili du Hoggar décembre 2007

Publié le 24/12/2016, par denis martin , Tamanghasset

" Les voyages dans cette zone sont actuellement fortement déconseillés par le ministère des Affaires étrangères français " 

Retour en 2007 où nous avons passé Noël au balcon des aiguilles de Tilenfaza.

 

Hiver.

C’est notre dernière soirée dans le Tassili du Hoggar, à une trentaine de kilomètres de Tamanrasset.

Un vent glacé me fait frissonner ; nous nous serrons autour du feu,

emmitouflés dans de vieilles couvertures

Ce soir, la lune se lèvera tard et maintenant, dans le ciel noir, les étoiles dansent. Orion, trio inséparable, pointe à l’est fidèle au rendez-vous.

 

Moussa

 

Immersion

La randonnée nous immerge dans des étendues silencieuses et lumineuses de vagues douces et de roches noires déchirées par un érosion millénaire. S’il ne fait pas bon s’y perdre, on ne reste pas longtemps seul dans les parages à cette époque de l’année. On trouve autour des campements, au mieux, les restes carbonisés des poubelles de la veille, au pire, papiers d’alu, piles, bouteilles plastiques et boites de conserve. Bientôt une opération désert propre ? A voir les sacs multicolores accrochés aux épines des acacias à l’entrée de Tam, ce n’est pas pour demain !

 

Le bivouac

Le feu crépite, un dernier thé, le troisième, le plus doux. Ali prépare la taguela ; il réunit les ingrédients l’air dubitatif. Bachir, lui est le spécialiste, il pétrit la pâte en poussant sa formule magique : «Gallé » à laquelle on répond « alalabaada » à moins que ce soit l’inverse. Et ça nous fait rire comme un numéro bien rodé.

 

 

 

Tiens, Ali a terminé sa pâte à pain. Elle a l’air liquide s’inquiète Moussa. « Ils ne vont pas manger ça ! » ajoute Bachir , toujours moqueur. Intéressé aussi, il lorgne sur nos affaires avec insistance. Ses souliers sont décollés,-mise en scène?- je lui laisserai mes chaussures de marche.

 

Moussa

Dans mon carnet j'ai mis quelques croquis et ces noms obscurs il y a une semaine; je les écrirai ainsi .

Tilenfezza, Youf Ehaket, In Akacheker, El Ghessour.  Ces montagnes sont très surprenantes : forteresses de grés, labyrinthes ciselés, canyons sableux ou aiguilles impudiques dégagent une atmosphère mystérieuse.

Même si c'est un luxe, la marche, est vraiment le moyen idéal pour découvrir ces endroits merveilleux.

Moussa nous mène partout sans hésitation. Il connaît les moindres recoins où le peintre rupestre local a laissé son empreinte. Il reconnaît la gazelle et le chacal à leur trace, mais il s’embrouille un peu avec le nom des oiseaux.

 

Si c’est gros, c’est un aigle, noir c’est un corbeau. En tout cas, comme tous les Touaregs, il a horreur des serpents. La petite vipère de Youf Ahaket en a fait l’amère expérience.

Voilà après quelques devinettes, des jeux écrits dans le sable, le pain est cuit.

Nous filons dans nos sacs de couchage, bonnet sur la tête et chaussettes aux pieds.

Cette nuit, l’eau a gelé et nous aussi.

 

 

Epilogue

Un filet d’eau chaude nous redonne une allure présentable. Repas chez le frère d’Ali. Nous lui remettons nos billets d'avion ... On apprend la mort de quatre touristes en Mauritanie : sueurs froides.   Derrière nous, Bachir, goguenard, dépose une bouteille de gaz…

 

 

Voyage réalisé avec Nomade Aventures

http://www.nomade-aventure.com/

 d'autres images

http://www.flickr.com/photos/denmartin/sets/72157603689584990/

 


Traversée du Djebel Sagho

Publié le 21/12/2016, par denis martin , Djebel Sagho

 

Février 2009

Il a beaucoup plu cet hiver. Rabat et sa région  ont subi de catastrophiques inondations et vu d’avion, le Maroc a des airs de campagne normande. L’Atlas tout de blanc vêtu, fond, laissant échapper des eaux fraîches  et tumultueuses chargées de limon.

Nous quittons  Marrakech la belle, ses pétarades et ses gazouillis, ses fumées et ses jardins et sur les traces de Jacques Majorelle, nous nous lançons vers les couleurs du Sud.

Au prix de dépassements hasardeux, de résonnants coups de klaxons et de freinages énergiques Ouarzazate est rejointe au bout de quelques heures de bus.

Jadis étape caravanière, la ville laisse entrevoir sa richesse passée, sa Medina de Taourit, ses Kasbahs en ruine, celle majestueuse de Tifoultoute, patrimoine mondial de l’UNESCO et celle de Tamesla, moins connue, au sommet de laquelle s’accrochent des nids de cigognes.

.Kasbah de Tamesla

Là-bas, la Vallée du Draa est baignée d’une lumière aveuglante. Abonné aux matins gris des Vosges, je cligne des yeux,  mais en revanche,  dix degrés ce matin suffisent  à notre bonheur. Nous quittons lainages et polaires et arborons la panoplie du parfait touriste : casquette, T-shirt et lunettes noires.

Quatre jours de marche, c’est peu, mais assez pour traverser du Sud au nord, le djebel Sagho , ce petit massif de l’Anti Atlas .

Aux portes du Sahara, c’est un désert figé, au relief tourmenté, aux plateaux érodés traversé par de profondes gorges aux falaises déchiquetées. Ces terrains très anciens, jadis soumis à un volcanisme intense, sont constitués de grés, de schistes et de calcaires, d’où émergent par endroit le squelette basaltique d’orgues antédiluviennes.

.djebel Sagho

Ici, la vie se cramponne autour de villages aux maisons en pisé où l’électricité est un luxe. Des jardins plantés d’orge, de fèves et de blé verdissent à l’ombre des amandiers et des abricotiers. Irrigués par de maigres sources ou par les eaux des montagnes, ils offrent aux habitants, nomades ou sédentaires une vie simple et rude.

Pas de tentation,donc,pas de frénésie consommatrice : les hommes et les femmes possèdent ce qui leur est utile. Pas encore de vulgarité dans ce paysage, ni fils, ni antennes et très peu de déchets visibles. Si cette vision parait idyllique et nous transporte délicieusement dans le temps, la dénuement peut apparaître au détour d’un sentier. Les enfants usent leurs souliers sur des kilomètres de chemins muletiers vers l’école la plus proche. Les troupeaux sont gardés par des jeunes filles qui apparemment ne fréquentent guère les cours de français de l’instituteur quand l’éloignement et la rusticité de l’hébergement ne l’ont pas encore fait fuir. Le téléphone portable n’atteint pas toutes les vallées, mais de hauts mats cernent le massif, si bien qu’il est possible de voir converser notre guide au pied d’un genévrier centenaire faisant office de relais.

Jeudi 12 février : Jardins D’Irhazoun - Plateau d’Irf n’Arioul

Nous quittons la vallée du Draa et ses ksars fortifiés. Nous longeons la falaise, au pied du djebel Sagho, traversons une plaine aride jusqu’à Irhagoun où nous mettons enfin pied à terre. Dans la cour de l’école pas un arbre, pas de clôture, mais des pierres alignées forment l’étoile du drapeau marocain. Nous déjeunons dans des jardins avoisinants parmi les fleurs blanches et roses des amandiers.

 

Les muletiers nous rejoignent et les bêtes sont chargées avec grand soin. Après quatre heures de marche, nous nous installons sur le plateau de la tête de l’âne ( Irf n’Arioul) où des nomades ont campé leurs tentes de laine marron. Notre présence semble inquiéter le gardien du sanctuaire, un bâtard à la queue dressée qui ne cesse d’aboyer. Son cerveau reptilien le tient à distance et nos cailloux le dissuadent d’approcher davantage : sinon l’endroit est calme.

Vendredi 13 février : Plateau d’Irf n’Arioul - Amda D’Afourar

Nous franchissons le Tizi n’Tagourt au pied des aiguilles de Taoujimt. Une partie de pétanque s’improvise sur le plateau où malheureusement le créateur  a oublié de déposer des pierres rondes. Plus loin, je chute lourdement en omettant de regarder où je pose les pieds, les yeux rivés aux majestueuses portes d’Ali , un piton rocheux digne de Monument Valley . Pique nique à l’ombre d’un dattier. Nous remontons ensuite le vallée d’Afourar.

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La gorge se resserre enveloppée de hauts blocs calcaires aux teintes grises virant au mauve. Des bassins aux eaux limpides où se cachent de minuscules poissons reflètent les parois de la falaise.Le bivouac est installé aux abords de petites maisons en pisé appartenant à la famille d’Ahmed notre guide. Ce soir le bivouac est réussi ; le silence est  épais, le paysage grandiose, la nuit douce et étoilée,  troublé seulement par le chant des grenouilles.

Samedi 14 : Amda D’Afourar - Bivouac d’Issouka

La gorge étroite s’étire, les sentiers s’élèvent puis redescendent à flanc de montagne, pour atteindre le village d’Igli. Courte pause dans cette oasis de fraîcheur où l’on trouve un bazar et des douches. Après un déjeuner frugal, nous contournons la dent de Tassigdelt Tamajgalt. Ce dromadaire minéral, sentinelle du Djebel, regarde passer cette curieuse caravane, mue par le seul désir de marcher. Le bivouac d’Issouka nous attend derrière à 2150m. La nuit sous la tente sera fraiche.

 

Dimanche 15 février : Bivouac d’Issouka – village d’Imin’Ouarg

Nous nous levons à l’aube, et encore tout engourdi par le froid progressons vers le Kouache. Nous gravissons son dôme arrondi de granit rose. La magnifique chaîne enneigée du Haut Atlas s’étire au nord, la vallée du Dadès est maintenant proche.

La descente est un jeu d’enfant semé de pierres rondes et d’embûches ... Dans ce  un chaos  poussent une maigre végétation que la fonte des neiges a fait fleurir L’armoise et le genévrier parfument les sentiers et des tapis de petites fleurs jaunes et violettes surgissent ça et là des pentes de L’Atlas. Nous basculons enfin sur le versant nord est du Sarho vers le village d’Imin’Ouarg. Nos muletiers regagnent leur campement ou leurs hameaux à l’ombre douce des traditions.

Nous retrouvons notre véhicule , les jardins du M’goun, la palmeraie de Skoura et l’intimité de la kasbah de Tamesla.

Marrackech

La muraille blanche de l’Atlas barre l’horizon étincelant. Nous sortons de l’aéroport Marrakech Menara. Une 205 beige nous mène à l’hôtel. Il reste peu de 404 ou de 504, voitures que je rencontrais en nombre il y a 20 ans, mais de grosses Mercedes ont pris leur place.

L’hôtel est tout à fait correct pour 300 dirhams, même si l’eau coule bruyamment des robinets. C’est ici Gueliz, la ville moderne, la gare est proche et la Koutoubia au bout de la longue avenue.

L’atmosphère de la place Jemaa el Fna reste inchangée. Mais la crise semble être passée par là : beaucoup de monde, des curieux, des porteurs d’eaux et des dresseurs de serpents, mais peu d’acheteurs. En ce mois de février, les travaux offrent aux touristes des occasions de se perdre davantage. On se bouscule, on klaxonne, slalome, on s’agite et on s’évite. Un enfant renversé par une mobylette est relevé en pleurs, tandis qu’un âne aux dents jaunes attend tristement son fardeau. Dans cette rue menant à la Place, des DVD enregistrés en salle sont en vente. Pour un euro on peut entendre tousser quand Leonardo Di Caprio embrasse sa partenaire.

Le coucher de soleil sur la terrasse du Café France reste un spectacle inoubliable, quand les fumées des marchands ambulants montent des échoppes dans le  foisonnement des lampes au kérosène. Ces restaurants hélas standardisés font penser à une nuée de lucioles au cœur de la ville. Bien qu’invités avec insistance à nous y asseoir, nous préférons le menu du Toubkal, copieux et très bon marché.

Un orage menace, nous rentrons à pied, Marrakech pétarade, crie puis murmure. Demain nous prendrons le train pour Casa.

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Avis de tempête sur le Sahara

Publié le 6/11/2016, par denis martin , Ghāt
Libye, février 2005
 

En  janvier 2008, le magazine Geo faisait sa une sur la Libye. Il célébrait la renaissance de sa capitale, le silence des nuits sahariennes, la démesure de ses dunes, et ses innombrables gravures rupestres. L’omniprésent Kadhafi n’avait jamais été aussi bien arrimé au pouvoir et contrôlait le flux migratoire en provenance de ses voisins du Sud. En 2013,  ces frontières longues et poreuses sont devenues incontrôlables et le sud Libye, un refuge idéal pour les hommes d'Aqmi refluant du Mali.

Je participe en février 2005 à une randonnée chamelière dans cette région et visite l’un des plus beaux massifs du Sahara : l’Akakus, la Tadrart du touareg, « la montagne » en tamasheq.

Sur l’aéroport de Ghat, ouvert au tourisme depuis 2003, flotte le drapeau vert du pays, symbole à la fois de l’islam et la révolution agricole de Kadhafi.  

 

 

JOUR 1 : Dimanche 20 février 2005

Ghat - Wadi Intahari 

 

Aéroport de Ghat, ciel d’azur et grand soleil !

Aissa , le responsable de l’agence Eminan Ténéré, m’apprend que mon circuit ne sera pas celui annoncé (lacs d’Oubari) mais remplacé par un trek dans l’Akakus. Cela ne plait pas à tout le monde, mais moi ça me va : un peu d’exercice ne fera pas de mal !

Je fais alors connaissance avec Catherine la marseillaise et la libraire Nathalie de Paris.  Le trio doit rejoindre un groupe parti une semaine plus tôt.

 C’est donc au pas de course, enfin de 4X4, que nous nous faufilons dans ce dédale par l’ouest, empruntant les anciennes pistes caravanières. Nous enchaînons dunes et virages digérant au passage les cinq époques successives de l’art pariétal saharien, admirant les décors extraordinaires de l’Akakus. Ainsi apparaît l`arche d`Afzejare, un amas de grès rouge très pur, où vient se fondre le sable blond. On dirait qu’un géant s’y est enfoncé, y laissant ses braies au prix d’un ultime effort.

 

C’est un Sahara méconnu que je découvre ici site classé au patrimoine Mondial  par l’Unesco. Les fresques du néolithique qui parent chacun de ses abris, sont de véritables bandes dessinées qui nous content combien ces paysages désertiques étaient habités et parcourus par toute sorte d`animaux, hippopotames, antilopes, éléphants, girafes et bœufs antiques.

 Naturellement protégées du soleil et du vent de sable, les découvertes furent longtemps ignorées. Explorateurs téméraires et méharistes indiscrets s’y sont succédés. Tandis que les français vont s’intéresser à la région voisine du Tassili des Ajjers, les recherches archéologiques italiennes vont fait connaître cette partie du Sahara. Sur le site de Tin Anniwan, je peux admirer ses peintures de palmiers et de bovinés, ses inscriptions en caractères tifinagh, son fameux groupe de personnages surnommés "Le Salon de Musique" et les rares chars Garamantes. Je  dessine l’un d’eux ; il montre un char attelé lancé en pleine course. Il serait vieux de 5000 ans, date de l’apparition du cheval.

 

Sur le site de Tin Anniwan

 

 Enfin, le bivouac approche car le paysage change. De l'eau, de l'herbe- voilà les deux exigences du nomade- disait Théodore Monod. Nous arrivons comme un cheveu sur la chorba, pour l’heure du repas ! Maintenant, nous sommes dix marcheurs. Mais, il y a aussi, Gibril, habillé à l’européenne, le jeune guide et Agi, le chamelier adolescent … quant aux chameaux aux poils blancs ils semblent avoir de la bouteille.

 Salem le cuisinier, a préparé une soupe au cumin, avec des oignons, des tomates, des carottes des lentilles et de l’ail. Après une paire de pâtes et des pêches au sirop, musique et chants ! Pas très doué pour ce sport, j’apprécie néanmoins les chants touareg  et la guitare de Gibril, orchestrés par le bidon d’essence de Salem. Puis nous allons nous envelopper dans nos sacs de couchage.

Pas d’étoiles ?

 Bizarre

 

JOUR 02 : Lundi 21 février

Wadi Tin Lalan - Wadi Essengalen :

 5h15 de marche

Aujourd’hui, quelque chose de rare et d’humide me tombe du ciel. Pas de mola mola, ce petit passereau tout noir à tête blanche qui accompagne les voyageurs mais quelques gouttes. La pluie a débuté dans la nuit, vers trois heures du matin, s’est offert une pause et voila qu’elle se remet à tomber au lever du jour.

Je range vite mon duvet avant de déjeuner : halva, sorte de beurre de cacahuètes sec, un miel fait à partir de dattes, beurre et confiture sur des tranches de pain grillé, miam !!!

Une courte averse vient tacher le sable et colorer les dalles de grés. J’enfile un Kway !

 

Midi au sec, mais dès la reprise, la pluie redouble d’intensité. Nous battons largement le record des cinq millimètres annuels. En quelques heures à peine, sur l’immense plateau de pierres orange et noires se forment de larges flaques. Nous nous arrêtons dans une grotte providentielle. L’air s’y engouffre mais la pluie s’est arrêtée. Nos tendons une corde où sècheront nos affaires ; car c’est un comble, nous sommes tous trempés.

 

une pluie au Sahara

 

Je fais connaissance avec Abdel, le chauffeur du 4x4 qui précède notre groupe à chaque étape et installe le camp. Abdel a enfilé le burnous beige, une grande pèlerine de laine à capuchon et moi ma polaire bariolée. Nous nous serrons autour du feu.

Après un repas et quelques chants vite expédiés,  Gibril nous pose cette colle « qu’est-ce qui a la tête en bas et parle toutes les langues ? »

Les idées fusent mais c’est personne n’a pensé au crayon ; nous sommes vraiment fatigués !

 Il est l’heure de mettre la viande dans le torchon, comme on le dit chez nous. Je creuse une sorte de baignoire,  pensant à m’enfouir dans le sable le long de la paroi rocheuse au cas où ! Pour être à l'abri du vent, je dresse mes sacs en  parapet tout autour de mon nid.

 

 

La grotte

 

  

 

D'autres images

http://www.flickr.com/photos/denmartin/sets/72157603873956084/

 

circuit réalisé avec Zig Zag

http://www.zigzag-randonnees.com/index.php

 

 


La porte du ciel

Publié le 4/10/2016, par denis martin , Tỉnh Hà Giang

Vietnam, à quelques kilomètres à vol d'oiseau de la frontière chinoise.

 

Vendredi 17 Avril 2015

Nous atteignons enfin la province de Ha Giang (prononcer Ha Ziang)

dans le nord du pays. Avec ses paysages spectaculaires de pitons calcaires, ses vallées suspendues, le voyage entre Dong Van et Meo Vac est hallucinant. Quarante kimomètres séparent les deux localités, mais aussi une heure et demie d’une route sinueuse.

 

 

Encore quelques virages en épingles à cheveux et Uyen, notre guide nous arrêté à quelques centaines de mètres du col, le Mai Pi Leng Pass, afin que nous puissions contempler le panorama ouvert devant nous.

Ballotés de droite à gauche, malmenés par les nids de poules depuis le déjeuner, marcher nous revigore.

 

Mai Pi Leng Pass

 

Un champ de pointes saillantes s'étend ici. Ces collines coniques en forme de bottes de foin sont constituées d’un calcaire résiduel au cœur une région karstique profondément érodée. Grace à un climat alternativement humide et sec, cette montagne est devenue de plus en dure et résistante, tandis que les zones basses furent soumises à une plus grande dissolution. Dans certains endroits, les collines ont des flancs presque verticaux et sont percées de grottes.

 

Plateau karstique de Dong Van

 

 

Construit à partir des années 60 par les travailleurs H'mongs pour la plupart, Ma Pi Leng Pass n’est pas long mais il est le passage le plus dangereux dans la zone des montagnes de la frontière nord. Il est considéré comme le "roi" des cols du Vietnam ou la Grande Muraille du Vietnam ou la Pyramide du Meo. Au sommet du col de Ma Pi Leng une stèle de pierre rend hommage au travail harassant des bâtisseurs de la "Route du Bonheur".  En contrebas, serpent vert émeraude, la rivière Nho Que coule ses eaux fraiches dans une vallée tectonique unique au Vietnam.

 La Chine est en face, à une vingtaine de kilomètres derrière ces crêtes dentelées. C’est ici « la Porte du Ciel »

 


La grive mélodieuse

Publié le 1/10/2016, par denis martin , Bac Ha

Bắc Hà District, Lao Cai, Vietnam

 

Jeudi 18 avril 2015

Monsieur Son adore les oiseaux, il en possède une demi-douzaine.

Et ce soir la trille d'une dizaine d'entre eux résonne. Monsieur Son n'est pas seul autour de la table: il a beaucoup d'amis qui partagent sa passion. Cette réunion apéritive, car on y boit sec, est pour les propriétaires l’occasion de partager leurs expériences. On parle haut, de soins et de formation, de la manière de nourrir ces volatiles, de les cajoler également.

 

 

 Pour leur donner l'inspiration et à apprendre à chanter à des congénères moins doués, ils sont suspendus dans un bel endroit du jardin. Uyen dit que les oiseaux chanteurs s’épanouissent davantage dans un environnement agréable. Les chants les plus longs peuvent inclure cinquante à soixante-dix sons différents et durer plus d’une vingtaine de  secondes.

Une exigence importante est apportée à la nourriture. A celui-ci, Monsieur Son donne du miel, à celui là des sauterelles et des fruits. Pour garder ses oiseaux malades en bonne santé, il les traite par les plantes !

Pourtant la pauvre grive a beau gazouiller, elle restera captive.

Malheureusement Monsieur Son n'a pas notre sensibilité occidentale et d'ailleurs un dicton populaire vietnamien dit :

 " Les oiseaux de valeur doivent vivre dans de belles cages."

Aussi les amateurs d'oiseaux chanteurs n’ergotent pas sur le prix de celle -ci. Elle peut être fabriquée à partir de toutes sortes de matériaux, comme le bambou, le plastique, l'écaille de tortue ou même l’ivoire d'éléphant !

 

 Le prix d’un oiseau chanteur  dépend de ses aptitudes vocales. Pour quelques dollars, il vous cassera gentiment  les oreilles. Un virtuose pourra gagner des compétitions internationales et vous coûter alors plus de mille cinq cents dollars. Certaines personnes passent une journée entière à choisir son champion sans parfois trouver le bon.

 « - Choisir un oiseau chanteur demande de l'expérience. Il doit avoir un front large et les yeux bridés. »

-  Ah bon ? Vraiment ? »

- Oui ; ceux qui ont un bec jaune, la mâchoire profonde et courte, les plumes fines vont chanter souvent et rapidement.  Les meilleurs oiseaux devraient également avoir de longues pattes ». Monsieur Son les déplace régulièrement, les protège du soleil, et pour donner de la voix aux plus timides, il organise des battle.

Dans une même cage, simplement séparés par une grille, deux mâles en présence donnent du bec et de la voix.


Tenerife

Publié le 24/08/2016, par denis martin , Ténérife

Vendredi 7 mars 2014

 

Masca est un très joli village encaissé d’où part  une étroite gorge surplombée de falaises verticales: Une magnifique randonnée démarre en bas du village, à six cents mètres d'altitude, pour finir sur la jolie plage de sable de Masca,  après environ trois heures de descente. Illuminés par un éblouissant coucher de soleil, nous parcourons les ruelles de Masca, désert en cette heure de la journée. Le visage écarlate annonçant un fameux coup de soleil, nous prenons gite chez Marta, à Los Carrizales.

La  Casa rural La Vista porte merveilleusement son nom. Le paysage s’étend à perte de vue.  Le barranco rentre dans la nuit tandis que la Gomera se profile sur l’océan qui rougeoie.

Ce soir, Hervé fait la cuisine, Pascal ronfle et Denis passe une nuit blanche.

 

 

Samedi 8 mars 2014          

Los Carrizales / La Oratava/ Tejina

En route vers le nord-ouest de Tenerife et les montagnes du Teno !  C’est un vieux massif basaltique, assez aride, culminant à mille mètres. Il est le point de départ de très nombreuses randonnées. Mais nous nous contenterons d’une ballade dans la verdoyante bourgade d’El Palmar, autour de l’ancien volcan. Découpé en tranches , ce gros gâteau est devenu une carrière de cendres volcaniques. La terre brune, ou "picòn" (dont la couleur caramel rappelle la liqueur) retirée de cet ancien cône volcanique est épandue sur les champs pour améliorer leur pouvoir de rétention d'eau. Le milieu a aidé aussi à construire quelques maisons environnantes. Mais la terre très instable et de trop nombreux «accidents» ont conduit son exploitation à sa fin. Maintenant, il est là, ajoutant sa curieuse forme  à la vallée verdoyante.

 

puedo tomar una fotografia ?

 En flânant dans ce monde rural, nous avons pu nous faire une idée sur la vie qu'on y mène.  Nous avons rencontré ses habitants, écouté leurs histoires, admiré leurs petits jardins entourés de murets en pierres et envié  leurs terrasses  multicolores aux plantes exubérantes.

A Icod de los Vinos une célébrité nous attend.  Mais le dragonnier annoncé millénaire a rajeuni. Il n’est en réalité que plusieurs fois centenaire. Mesurant plus de 16 mètres de haut, il est le principal centre d’intérêt d’Icod de Los Vinos. Nous mangeons un poisson arrosé de vin blanc sur la Plaza de la Pila. Ornée d’une fontaine, cette place est entourée de palais et d’élégantes demeures à balcons de bois qui montrent l'architecture typique des Canaries.


carnet sur la route des agadirs

Publié le 3/08/2016, par denis martin , Agadir

Anti atlas, mai 2011

Plan azur

 
Mardi 20 avril 2010
  
Taghazout
L’endroit est joli, avec son petit port aux barques multicolores,
ses forêts d’arganiers et son doux climat. J’aime ses petits villages amazighs ,
sa vallée du paradis aux lauriers roses où nous nous baignons,
et au loin les montagnes enneigées de l’Atlas.
Ici les hippies ont un smartphone et les cheveux longs
et les Combi Volkswagen attendent face à la mer le retour des surfeurs.
 
 Alors que le volcan Eyjafjöll n’en finit pas de promener ses cendres au dessus de l’Atlantique,
à 15 kilomètres au nord d'Agadir, de gigantesques travaux d'aplanissement
du terrain sont en cours. La poussière soulevée par les camions n’a rien de volcanique
 et se voit à des kilomètres. Le site de Taghazout-Argana Bay se situe là.
Débutés en janvier 2007, dix ans de travaux devaient être nécessaires pour achever ce chantier.
 
Taghazout ,son port, ses barques multicolores
 
 Enfin, c’est ce qui est prévu : la première station balnéaire du Maroc,
avec la construction de deux hôtels de 1200 chambres et d'un centre de loisirs.
Et aussi de villas, d'appartements, de deux golfs, d'une médina avec commerces,
artisanat et diverses activités, d'un spa, d'une clinique et d'un institut de l'arganier.
 
  Certes des golfs poussent dans des régions plus arides,
mais j’ai vu les dégâts sur l'environnement de ce genre de programme tout le long de la Mer Rouge
comme à Hurghada , Makadi Bay ou Safaga :
côtes bétonnées, assainissement sommaire et odeurs nauséabondes,
épuisement des ressources en eau, changement des mentalités
sont les plaies d’un tourisme mal maitrisé.
 
 Le plan Azur, porté par le ministère du Tourisme, prévoyait la construction de 6 stations :
Saïdia, Port Lixus près de Larache, Mazagan à El Jadida, Mogador à Essaouira,
La plage Blanche près de Guelmim et Taghazout
La station de Taghazout Azur, elle n’est pas prête de sortir de terre suite
à la défection de deux investisseurs, Dallah Al Barka dont le contrat a été résilié en mars 2004
et Colony Capital en avril 2009,
bien que des travaux de terrassement aient été relancés en 2011.
 
A ce jour, seulement deux d’entre elles sont ouvertes :
Saïdia depuis juin 2009 et Mazagan depuis octobre 2009
 
 Il semblerait que pour les pouvoirs publics le plan Azur glisse vers 2016…et même 2020
avec un programme Azur 2020 (en continuité avec le plan Azur)
 
 
 
 
 

 

traversée de l'Anti Atlas en Logan

 

Les gorges d'Amtoudi, une merveille!

 

 


Le Grand Bleu

Publié le 26/07/2016, par denis martin , Amorgos

Amorgos

 

Lundi 03 mai - jeudi 06 mai 1993

On vient principalement à Amorgos, pour profiter de son calme,

de sa personnalité, de ses plages enchanteresses,

de ses chemins de randonnées.

What else ?

 

                                                                                                        

Retour en 1987.

 Mer des Cyclades, travelling en noir et blanc.

La caméra plonge au ras des flots, longe les falaises, Amorgos se rapproche.

Le monastère de la Panaghia Chozoviotissa n’est pas loin.

Un enfant court, pieds nus, descend vers les eaux bleues et plonge.

Puis, nous sommes à Chora, au centre de l’ile. Des gamins dévalent à toutes jambes une ruelle étroite bordée de maisons blanches sous le regard bienveillant des deux hommes : mais Chora n’est pas sur le rivage. C’est dans petite crique d’Agia Anna  (λιμανάκι αγία άννα) qu’il faut situer la suite, avec son minuscule port et sa chapelle blanche, son pope robe noire et une toque ronde,

montrant une pièce en or.

 

 

Merveilleusement adapté à l’environnement, le monastère byzantin de Panagia Chozoviotissa est situé sur une falaise abrupte, à une centaine de mètres au dessus du niveau de la mer. Il surplombe la côte sud-est et le rocher aplati de Mikro Viokastro.

Un long escalier pavé grimpe au lieu saint.

 Nous ne pourrons le visiter entièrement. Seules la chapelle, la sacristie et la pièce de réception sont ouvertes au public. A la fin de la visite, nos efforts sont récompensés par un loukoum et une petite goutte de "rakomelo" de louzo au miel.

Eínai kaló ? oui c'est bon 

Un autre ?

 On nous offre aussi un grand verre d’eau fraîche pour faire passer le tout et se donner le courage de repartir au port.

 

 

Profitant d'un relachement de la vigilances des gardiens à moustaches, nous quittons les lieux.

Bientôt, la forteresse blanche se détourne, mes pas s’alourdissent.

 Un agneau passe accompagné de ses légumes …

 Katapola enfin. Les maisons sont situées en bord de mer; tavernes, petits bars et boutiques s’y alignent en bon ordre, à l’ombre des tamaris. Nous logeons à deux pas d’un petit restaurant. L’air est tiède,  Le port accueille les navettes des iles, mais si certaines rotations sont tardives, les voitures ne nous dérangent pas.

 Le trafic y est minime, l’âne est un moyen de transport efficace sur ces chaussées défoncées. Le réseau est maigre, on ne peut conduire presque nulle part. Une route  cependant est devenue célèbre.

Elle mène vers Kalotaritissa et c’est bien celle empruntée par la Fiat 500 d’Enzo dans « le Grand Bleu ». La scène est sensée se dérouler en Sicile ;  mais, c’est à l’ouest de Kalotaritissa vers la pointe de l’ile que se rend Enzo pour délivrer le plongeur de l’épave rouillée. Ce bateau en provenance de Chypre, a été drossé vers la côte en 1979. Il n’y eut aucune perte humaine.

Un remorqueur a tenté en vain de le ramener en mer. 

Depuis lors, l’Olympia gît toujours dans la baie de Liveros,

dans un mouillage face à l’îlot aride de Gramvoussa.

 


Cyclades 1993

Publié le 9/07/2016, par denis martin , Páros

Vendredi 30 avril 1993, Paros.

 

Marathi se cache à environ 5 km de la ville principale de Parikia, sur une colline où une carrière est encore en usage. Une rivière semble avoir coulé là et taillé une gorge profonde dans le marbre.

 L’endroit, pas vraiment signalisé est atteint avec un peu d’effort. Seule une route secondaire nous emmène à proximité d’une zone sommairement clôturée. Les principaux bâtiments sont  sur notre gauche, ceux de deux puits de mine s’étendent  chacun sur  une longueur de plus de 100 mètres, Le site n'est pas ouvert au public, mais on peut y prélever quelques échantillons de pierre.

 

Georgios

Assis à la terrasse du café, c’est un homme de grande taille plutôt élégant . Habillé de noir de la tête aux pieds , bottes , chemise et  pantalon, Georgios a la barbe de Moustaki  et le front plutôt dégarni du philosophe freudien.Un verre d’ouzo à la main, il semble jouir du spectacle de la rue.

Les grecs, très sages, ne boivent pas sans manger et son assiette d’olives, d’amandes salées et de fromage nous fait saliver. Nous commandons la même chose.  Avec mes deux mois de méthode Assimil, j’entame un dialogue pittoresque. Georgios est  peintre à l’origine et je crois comprendre par ses gestes explicites graveur aussi. Il est né dans les années 40 en  Crète, nous dit-il et parle un anglais universel qu’il a appris auprès des nombreux touristes. C’est dans cette langue que nous poursuivons. Nous parlons d’Histoire et de cailloux, de Dionysos et de vins blancs, de Praxitèle et de marbre. Il nous apprend que plusieurs de ces tunnels sont encore à voir et nous propose de visiter l’un d’eux.

 Nous retrouvons notre ami le lendemain matin. Munis d’une lampe de poche, nous allons visiter une grotte datant de l'époque romaine. Une atmosphère sombre, un peu étrange  y règne. On peut imaginer ce que la vie de milliers d’esclaves a dû être ici. Travaillant jour et nuit dans la poussière, sous des lumières clignotantes de milliers de lampes à huile, les carriers utilisaient les fissures naturelles de la roche à leur avantage.

Ils devraient d'abord mettre des coins de fer dans les fissures naturelles et les frapper à coups de marteau jusqu'à ce que le grand bloc de marbre fût libéré. Ils taillaient ensuite la forme approximative et l’enlevaient jusqu'au chantier du maçon à force de bras et à l'aide de cordes, poulies, treuils et autre leviers.

 J’imagine aussi ces pauvres mules manœuvrant  un lourd chariot en bois et  descendant  la lente route jusqu’au lieu de travail….

 

  Selon Georgios, «Les bâtiments, à la droite du chemin, ont appartenu  à une société minière française, qui, en 1844, a exploité le marbre pour le tombeau de Napoléon ! L’entreprise a été la dernière à fonctionner ici. 

 

Mardi 4 mai

 Débarquement à Amorgos, ile accidentée et montagneuse. On vient pour profiter de son calme, de ses chemins de randonnée et de ses incontournables coquelicots en fleurs . De cette ile je connais rien, ormis ce monastère au nom difficile de la Panaghia Chozoviotissa  construit à flanc de falaise . Après avoir vu "Le Grand Bleu"  je me suis juré d'y aller.

 


Flic en Flac

Publié le 1/01/2016, par denis martin , Maurice

 

Ile Maurice
Baie de Tamarin
Dimanche 18 Juillet 1982
 
La Coupe du monde de foot
Dans l’Espagne post-franquiste vient de s‘achever.
La Squadra italienne est sacrée et
La république fédérale allemande n’a plus qu’à aller se rhabiller.
C’était dimanche dernier, loin d’ici.
Ici, c’est la baie de Tamarin
Là où la rivière Noire se jette dans l’océan.
D’énormes rouleaux s’y brisent
Dans un bourdonnement continu.
Dans les années 70 c’était l'un des endroits favoris des surfeurs hippies.
Mais d’autres spots sont nés et aujourd’hui, la légende est morte
L’endroit est joli, sauvage, fidèle à ce qu’il devait ressembler il y a vingt ans :
Les cases en tôle, les gens ouverts et accueillants, les hôtels rares.
 
Flic en Flac, 18h30
La tente est levée, les moustiques se sont tus
Le roulement des vagues a cédé la place au léger clapotis du lagon.
Six cents mètres au dessus de nous,
La montagne du Rempart dresse son Morne bienveillant.

 


Le dentiste syrien

Publié le 31/12/2015, par denis martin , Ouagadougou
Dimanche 11 octobre 1987.
 
Vingt et une heures, les musiques se taisent.
Après un modeste déjeuner chez « Bawa »,
je referme la porte en tôle de ma piaule.
L'air est sec, chargé de poussières.
L'harmattan soulève le sable du désert, donnant le jour, un ciel blanc mal lessivé.
Allongé sur le matelas, je compte les heures passées
à ne rien faire, car j'ai pris un congé pour une année sabbatique.
Ne rien faire et avoir tout le temps pour le faire !
Au hasard des rencontres et des retrouvailles on s'interpelle,on palabre, on se chicane, mais la bonne humeur l’emporte toujours. Il y a Alain, le grand sénégalais,
Saïdou qui tient le" refuge" où je loge et Joseph qui, embarrassé, m'accompagne
à la piscine de "l'Indépendance".
 
 
 Claudie et son pote rasta veulent m'envoyer au Ghana, et Florence me fait partager un grand moment de détente: le cinéma en plein air! 
 
Abdulhakim est un dentiste syrien. Il procède, dans une pièce voisine à la mienne, à de curieux soins. Aujourd’hui, il accueille une femme assez jeune mais dont le bridge vient de casser : il lui manque toutes les incisives du haut. Pour ce genre de mésaventure, ce n’est ni le bon endroit, ni le bon moment, et le recours à un spécialiste n'est pas à la portée de toutes les bourses. Mais Abdulhakim est un virtuose et ses tarifs doivent être abordables.
 
 
Abdulhakim
 
 
A l’aide d’un kit portatif, composé d’un miroir, d’une spatule, d’une fraiseuse-meuleuse et de quelques fioles dont le contenu m’est inconnu, il va redonner le sourire à cette maman. D’abord anxieux, son petit garçon considère les travaux avec curiosité ensuite. Le voilà rassuré, l’appareil est rescellé. J’ai assisté à toute l’opération, prenant même quelques photos, que j’enverrai une fois développées.
 
 
Ce soir je retourne au cinéma, plus pour l’ambiance festive et turbulente qui y règne,
que pour la qualité des films projetés. « Danton, Tir groupé et Rambo » restent de grands souvenirs. Hélas, je n’en ai pas vu la fin. Quand tout est dit, et comme un seul homme, tout le public se lève. On se retrouve alors dans la rue, laissant les acteurs seuls à leur conclusion.
 
 
Enfin, j'ai déniché un roman, L’Ensorcelée de Barbey d’Aurevilly, et plongé dans la Chouannerie.
Posé sur un banc, je contemple ainsi les Ouagalais passant sur leur vélo, ou en deux roues à moteur. Le spectacle de la rue me captive : touchant même, à l'image de ce jeune garçon dégommant à la fronde un gros lézard, et le mettant dans sa poche....
J'avale mon haricot sauce piment, un peu de viande entoure un os : on dirait du lapin....
 
 

Burkina Togo, octobre 1987

Publié le 31/12/2015, par denis martin , Ouagadougou
Coup d’état
 
Autorisation de circuler et de prise de vue, une sacrée prise de tête en tout cas !
 
 
 
permis de photos... 3500 CFA
Retour à Ouagadougou
 
jeudi 15 octobre 1987
 
 
 Revendiquant le titre de président le plus pauvre du monde, Thomas Sankara en survêtement roule dans sa Renault 5. Les mobylettes crachotent, pétaradent, et klaxonnent comme pour applaudir le spectacle de la  rue. Aussi, tous les jeudis, les enfants ont participé à la journée de sport de masse décrétée par la révolution. Mais, c’est un président affaibli à l’intérieur, isolé au plan international qui a rendez vous avec le conseil de l’entente.

La Haute Volta dont il a changé le nom en Burkina Faso « le pays de l’homme intègre» ne connait plus l’état de grâce. Les réformes trop rapides ont mécontenté fonctionnaires, syndicats et chefs coutumiers. Ses plus proches collaborateurs l’attendent bien décidé à lui faire changer de ligne. Les puchistes ne leur laisseront pas le temps de discuter. Sankara et ses treize conseillers sont exécutés.

Beaucoup de personnes ont entendu ces rafales. Puis les rumeurs les plus folles ont circulé, mais ce n’est que le lendemain que les radios étrangères ont annoncé la mort de Sankara, victime d’un processus de rectification.

 Une sommaire sépulture est livrée aux burkinabés incrédules, des cris fusent « assassins ! » Le nouveau maitre, Blaise Compaore, se justifie «  c’était lui ou moi ». Mais l’élimination est pensée et prévue par les services français. Jacques Chirac, premier ministre avait alors en travers de la gorge, la position de Sankara en faveur de l’indépendance de la Nouvelle Calédonie.  Et surtout la France ne portait pas dans son coeur cet opposant à la famille françafrique dont il ne faisait pas partie.
 
Mon
 
 
Depuis le 13 octobre  , 
je suis de passage au Togo voisin, patrie du président Eyadema qui sera le premier à reconnaître le nouveau régime.
Cela va compliquer mon voyage, car bizarrement au Burkina un couvre feu est instauré, et les frontières, elles, sont fermées. J’ai laissé beaucoup d’affaires à Ouaga, des souvenirs, masques et djembés et j’ai peu d’argent sur moi.
 Le coup d’état, qui dit avoir mis fin au régime autoritaire de Sankara, serait il mal vu dans la capitale burkinabée ?
 
Robinson plage
 
 Au bout de douze jours, je réussis à encaisser un mandat et ce dimanche 25 octobre un avion me ramène à Ouaga. Je laisse une gastro, Robinson, sa plage et ses paillottes, son bateau rouillé échoué sur l’ancienne route que la mer avale, les moustiques chez Marox, Jacques et ses R12
 
Depuis, j’attends...résigné.
Demain, peut être, on aura du beurre.
Six heures, la chaleur m'aura dissuadé de flémarder.
La bouche sèche, les yeux rougis par le perpétuel courant d'air,
j'arracherai la prise privant mes oreilles du concert abrutissant du ventilo.
 

Ma piaule et ses invités....

 


taxi-brousse

Publié le 31/12/2015, par denis martin , Sinkassé
Burkina Faso
Mardi 13 octobre 1987
 
La 404 s’ébroue, cahote et s’élance enfin…
Nous sommes douze dans ce taxi brousse :
 trois devant, et neuf derrière. Au gré des arrêts
 s’y joindront des sacs de riz,
deux poulets et des ustensiles de cuisine.
 Dans ce face à face de quatre cents kilomètres
 nous partagerons, deux banquettes en bois,
 nos odeurs, quelques ennuis mécaniques,
 un maigre repas, une nuit étoilée à la frontière togolaise,
et notre bonne humeur.
Sinkasse
 région des savanes.
 

 


nuit blanche

Publié le 31/12/2015, par denis martin , Département de La Réunion
Nouvel an 1988
La Réunion , Saint Pierre
 
Aube
Les nuages noirs se dessinent sur l'océan
Ils deviennent mauves puis palissent.
C’est l’heure ou les fêtards rentrent se coucher
Sur les trottoirs les fleuristes
Ont déjà pris place.
Les phares des voitures s’éteignent. 
Dans les cases, la radio débite les infos
Et les mômes tentent de prolonger la nuit.
C’est l'heure ou les coqs se déchaînent,
Ou les chiens errants comptent les rescapes,
Tandis que d’autres gisent sur la quatre voies.
Le bistrot se vide,
Les néons m'agressent;
Je sors emprunter un bol d'air marin.
 
 
Le point chaud , la camionnette où j'ai l'habitude de prendre un sandwich américain.
 

Reunion 1989 ; araignée noire et cari bichique

Publié le 2/12/2015, par denis martin , Cilaos

 

 
Cilaos
 
Jeudi 24 août 1989
  
C’est au rythme de l’accordéon que j’entame la montée vers Cilaos. Diffusée en boucle, la Lambada est vraiment le tube de l'hiver austral. Pas moyen d’y échapper, elle passe dix fois par jour.
 
 
 
Crouic… Les narcotrafiquants du cartel de Medellín déclarent une guerre totale contre le gouvernement, s’il ne répond pas à ses offres de ….crouic… Alors que plus de deux cents ressortissants est-allemands ont franchi la frontière avec l’Allemagne de l’Ouest… Crouic.
Un mélange de séga et de reggae vient ponctuer ces infos .Autour de moi, du vert, rien que du vert, et des taches grises sur les pentes: ce sont les toits des dizaines d’ilets, ces hameaux peuplés des descendants des paysans français, blancs des bas occupant ces terres étroites abandonnées par les cafres retournés en ville. Insecte fragile empruntant la RN9, la 4L avale l’asphalte. Laissant la rivière des galets en contrebas, j’ai le vertige.
 Paradis dominé par l'imposant Piton des Neiges, encadrée de parois vertigineuses, Cilaos se mérite. Je profite de la vue pour engranger quelques images, dont une énorme araignée sur fond de cirque. Le « Routard » m’apprend qu’on y cultive les brèdes et les lentilles. On dit que là haut, un vin rouge sorti des chais est servi à 15-16 °C et qu’il accompagne joyeusement les viandes en sauce et mieux encore le fameux cari bichique.... Un narguilé glougloute ; non ! C’est mon ventre qui chante comme une baignoire…
 
 
Je reprends l’ascension...et sursaute à un bruit de mitraille. Ce sont des planches mal ajustées qui font chanter le pont. Plus loin, une pelle mécanique emporte un bout de nature, façon de rendre la route moins dangereuse. L'engin s'arrête, à l'intérieur, un homme en sueur tel un boxeur entre deux rounds, s’éponge le front.
 Bientôt, les virages se multiplient, je renonce à les compter. Le Peter Both ne pointe plus son nez, lé but n'est plus très loin, un dernier tunnel peut être...
…"Chorando se foi, quem um dia só me fez chorar...
     Chorando se foi, quem um dia só me fez chorar..."
Tiens , je reconnais cette chanson.

 


Un monde caché

Publié le 22/01/2015, par denis martin , Istanbul

Mardi 28 décembre 1993

Istanbul, quartier de Fatih

 

Le soleil resplendit ce matin ; ce jour-là, notre plan était clair, après la Citerne Basilique, après Sainte-Sophie, c’est au tour de Topkapi. Mais pas de chance, le palais est fermé. Qu’importe, nous quittons le parc Gülhane et ses Çayci. Le  Cayci est un gars qui trimballe ses petits verres sur un plateau et  distribue le thé aux commerçants et aux passants. Au vendeur de simits,  je prends un de ces pains recouverts de graines de sésame, en forme de couronne. 

  Une chaussée en pente pavée mène aux rives du Bosphore. Le quartier est charmant ; Sogukcesme, (la Fontaine froide) est une rue étroite bordée d’arbres avec des maisons en bois à deux ou trois étages. Constituées de quatre à dix pièces datant du début du 20ème siècle, elles ont été restaurées dans les années 80.

 

Pointant vers une petite cour, une flèche sur le mur nous invite à la découverte.

 Curieux de savoir ce que nous allons trouver, nous passons une dernière porte. Galerie d’art est écrite à l’entrée. L’atelier ressemble à un grand chantier élégamment désordonné. Il flotte ici des senteurs d'essence de térébenthine et de white-spirit. Des tubes de peinture à l'huile s’étalent un peu partout dans une harmonie de toiles larges aux riches nuances et aux détails touchants.

Alliant couleur et géométrie, Ilhami Atalay est un artiste talentueux. 

 

 

Nous  prendrons cette gravure: pas l’originale qui vaut sa brouette de livres, mais une reproduction.

Tissu et peinture à l'huile: 175x145cm.

Cérémonie traditionnelle, jeune fille servant le thé pour les visiteurs. Sous le regard avenant de la maman en noir, deux filles ont le regard suspendu  … La venue du prince charmant ?

 


Berlin 1989

Publié le 7/11/2014, par denis martin , Berlin

Vingt cinq ans , déjà ...

 

Le 9 novembre 1989, peu avant 19h00, à la fin d'une conférence de presse, le secrétaire du comité central Günter Schabowski annonça de façon lapidaire que les personnes désirant se rendre à l'ouest peuvent "passer par tous les postes frontaliers entre la RDA et la RFA ou par Berlin-Ouest."  A partir de 22h00, des milliers de Berlinois massés près du Mur ouvrent une à une les barrières. Le mur qui séparait  Berlin en deux depuis 28 ans s' effondrait.

 

Samedi 2 décembre 1989

Tandis qu’au sommet de Malte le président américain George Bush déclare

que la guerre froide est terminée., le Mur lui, est toujours là !

 

check point Charlie

Daniel,Pascal et moi(Photo prise par Denis le quatrième larron)

 

Die Mauer steht noch !

 
Il fait très froid et
nos doigts sont engourdis ;
Malgré tout, des morceaux gros comme la main
remplissent vite la musette.
Les éléments en béton composant ce mur
avaient chacun une hauteur de 3,60 m,
une épaisseur de 15 cm et une largeur de 1,20 m.
C’est aux jointures des plaques qu’il est le plus attaqué,
et c’est par là que nous aussi nous l’entamons.
 
Sept heures du matin...
 
C’était un béton très compact
qui offre peu de prise à nos outils rudimentaires
et qui éclate souvent en surface.
C’est autant de couleurs dans notre poche.
 Puis peu à peu, la rue s’anime.
Ici dans Zimmerstrasse, Karl l’ermite a désormais
abandonné sa voiture-refuge aux taggeurs fous
tandis qu’une autre épave aux vitres éclatées
attend son heure dans le jour naissant.
Nous sommes le 2 décembre,
anniversaire de la bataille d’Austerlitz.
Au milieu de l’après midi,
le soleil enfin se décide à percer la brume.
Nous sommes maintenant des milliers à frapper le mur,
ce n’est dans l’air qu’un martèlement ininterrompu,
un tac- tac métallique joyeux et fébrile….
 
 
Nous arrivons donc bien après les évènements du 9 novembre, et d’autres tags se sont superposés aux anciens. C’est un livre à ciel ouvert parlant allemand, français et anglais où Mickey côtoie Martin et Olga,  où les avatars des dernières semaines se superposent en un camaïeu de couleurs discordantes . Mais ici , on peut lire cette inscription : « die Mauer steht noch » : déception ou impatience ?
… Encore debout, mais plus pour longtemps !
 
 
Des photos encore...
https://www.flickr.com/photos/denmartin/sets/72157622390659575/

Berlin 1989

Publié le 6/11/2014, par denis martin , Berlin
Le mur
décembre 1989
 
Malmenée par les autoroutes est-allemandes,
 épuisée par les douze heures de route,
 la 4L rouge se gare enfin.
Je m’extirpe de l’habitacle.
 
le mur
 
 Check Point Charlie s’éveille à deux pas,
 tandis que le mur vit ses derniers jours
avant de rentrer au musée.
Il fait maintenant jour, et on en peut distinguer les lignes.
En dépit d’un court arrêt
 au poste frontière de Wartha
pour soulager notre vessie,
nous signons au pied du Mur notre entrée dans l’histoire.
 Sept heures ce matin,
nous l'attaquons au burin
 

Yemen, jebel Harraz

Publié le 2/10/2014, par denis martin , Sanaa
Jeudi 12 avril 2007
 
Jour 12
Nous quittons le jebel Harraz pour les hauts plateaux en passant par à Al Hajjarah véritable citadelle yéménite perchée à plus de 2500 mètres d'altitude. Nous nous perdons dans un dédale de maisons ocres aux décors blancs serrées les unes contre les autres. Du piton surplombant la falaise d'une centaine de mètres, le panorama est magnifique. Les cultures en terrasse accueillent quelques champs de qat et les figuiers de barbaries semblent avoir revêtus leurs habits de lumière. Ces éternels sacs plastiques bleus et roses finiront par faire partie du paysage ! Qu’importe, cela ne semble guère perturber le lézard yéménite qui porte des pattes bleues, une queue orangée sur un corps sombre et tacheté.
 
 Dans la voiture, l’ambiance reste électrique. Abdul n’a pas décroché un mot à Manue qui pense vraiment s’être trompée de circuit, on est en pleine télé réalité. Hervé reste Zen et tente de recoller les morceaux. Le ciel s’obscurcit. Au loin, l’orage gronde aussi sur Sanaa. Nous grimpons à 3000m. Kawkaban, nid d’aigle plongeant sur Shibam et ses alentours, offre ses couleurs du soir, orange et ocre sur fond bleu, ses visages d’enfants et ses brouettes de bibelots.
La nuit sera fraîche.
 

Closer to the edge

Publié le 21/08/2014, par denis martin , Isle of Man

 

TT la course de moto la plus folle du monde !

Juin 1994

 

Alors que les Etats unis s'apprêtent à accueillir pour la première fois la coupe du monde de football,

des milliers de motards débarquent ici du monde entier.  

Pendant la première semaine du mois de juin, l'île est le théâtre du Tourist Trophy,

plus connu sous le nom de TT, la course de motos la plus folle du monde

 

en attendant les coureurs

 

 Prêts à prendre tous les risques pour décrocher la première place, ces cuirassiers modernes d’une force mentale hors du commun traversent campagnes et villages à plus de 200km/h  sur une boucle de 60 km aux 264 virages, frôlant les spectateurs de quelques centimètres dans un fracas assourdissant…. Les Riders se mesurent les uns aux autres et tous rêvent de devenir le nouveau "Roi de la Montagne".

Mais bien que les gagnants empochent une coquette somme, les motards ne courent pas ici pour l’argent. Ils revendiquent la différence, celle de pouvoir raser les murs et les moutons, de sortir de la norme des circuits traditionnels. Ils relèvent un défi à la manière des alpinistes.

 

 

 Le TT a la réputation d'enthousiasme, de courage et de danger,

mais c’est aussi un piège mortel. Depuis 1907, plus de 200 d’entre eux ont perdu la vie.

Rarement une année passe sans que quelqu'un ne se tue et chaque coureur sait

que la course pourrait être sa dernière. Cette année 1994 n’échappe pas à la règle ;

le 2 Juin, Mark Farmer, le vétéran meurt au guidon d’une Britten 1000cc.

Mais ça,  je ne le savais pas encore avant de mettre les pieds sur cette île.

carnet de notes

 

20 Aout 1994

 

Car il y a un after ; le MGP "Manx Grand Prix "ou "Manx" comme il est plus communément appelé.

 Ce dernier se déroule durant la dernière semaine du mois  

et permet aux vrais amateurs de venir découvrir le circuit pour le TT de l’année suivante. 

Avec leur carénage expressif, leurs proportions parfaites et leur  poupe agressive,

les engins ont fière allure.  Nos ados n’ont d’yeux que pour les 600cc FZR Yamaha,

750cc Suzuki, 600cc CBR F Honda et la nouvelle Ducati 916. 

La course n’est pas lancée mais les amateurs sont nombreux à tester le circuit

 et quelques routes sont réservées aux entraînements.

Je me place sur un haut point du parcours, juste avant Brandywell,

histoire de faire quelques photos. Pas de chance l’appareil se met à chanter, la pellicule est en bout de course !  


 Closer to the edge

En 2011, un documentaire britannique, Closer to the edge suit la préparation puis le parcours de deux talentueux jeunes pilotes à travers moments de joies et tragédies. Le film curieusement n’est pas sorti en France.

'Isle of Man TT is crazy and ought to be banned’: suggère l’ancien champion du monde australien Wayne Gardner . Interdire le TT ?

Sur les forums, un internaute a cette réponse cinglante : Wayne who ?

 

A voir aussi, ce reportage de Motojournal.

http://www.youtube.com/watch?v=sF8ZD3fVP4A

 

 

 

 


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