si tu n'as pas étudié, voyage...

Depuis 1982 mes petits et grands voyages autour du monde sont l'occasion d'engranger une moisson d'images saturées d'informations sur la vie,dans les paysages du monde entier,entre photographies et carnet de route ...

Derniers posts

Yemen , avril 2007

Publié le 6/04/2017, par denis martin , Al Mukallā
Samedi 07 avril  2007
Nous traçons vers le Sud sur ces plateaux désertiques, l’autoradio résonne d’une biguine alors qu’éclate enfin l’océan indien. Abdul nous arrête au marché aux poissons d’Al Mukalla.
 
 
Il achètera un mérou que nous ferons cuire à côté, face à la mer. Le repas est un vrai délice; mélange de cumin, de cannelle,  de coriandre, de cardamome, de clou de girofle ou de fenugrec.
Helba, shorba, Kabsa et autre Chatchuka , on mange ici plein de bonnes choses épicées accompagnées de riz ou de légumes, avec des omelettes et du pain, le tout servi à même le sol ou sur la table sur l’inévitable nappe en sac plastique.
Le mérou est carbonisé dans un énorme four en terre, mais sa chair reste blanche et savoureuse. On en retire maladroitement quelques morceaux avec les doigts, en buvant un thé sucré à la cardamome et à la cannelle. Avril est la saison des mangues, on en fait d’excellents jus qui facilitent, s’il le fallait le transit intestinal.
Bivouac à Bir Ali, une plage de rêve avec paillotes, eaux turquoises et sable blanc, un filet d’eau pour se rincer et un éclairage des plus sobres.
 Je dormirai face à la mer.
 
 
 
Bir Ali  , la plage, ses paillottes et mon transat !
des images encore...
 
 

Yémen, At Tawilah

Publié le 5/04/2017, par denis martin , Aţ Ţawīlah
Samedi 14 avril  2007
 
Départ le matin, nous remontrons jusqu’à 3100 m d’altitude sur le plateau de Bokur. Mais on ne marchera pas ici. Dommage, l’approche mériterait mieux qu’une dépose en 4x4 . Mais la vue est à couper le souffle et elle vaut bien quelques clichés.
 
 
Longue descente à pied  sur une route en construction jusqu’à At Tawila., et retour à Sanaa par le célèbre Dar Al Hagar. C’était la résidence d’été de Yaya, l’iman pas le chauffeur, et on le comprend. Terrasses, mafraj, hammam, cuisines, grenier, puits et tant d’autres choses, rien ne manque.
Sanaa, Sultan Hôtel. Nous passons chez le barbier, faisons peau neuve et enfilons de nouveaux habits. Nous mangeons une paire de brochettes dans le souk avant de nous retrouver au beau milieu d’un mariage. Coup d’oeil à la montre, il faut y aller .Yalla !....
 
le mariage
 
 
d'autres images du Yemen...
 

L'Egypte sans la foule

Publié le 12/03/2017, par denis martin , Le Caire

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/conseils-par-pays/egypte/

 
Retour en 2011
Dimanche 27 février 
 
  
 circuit 27 02 -13 03 2011
 
Cairo International Airport ,Terminal 3, nous débarquons un peu excités dans la plus grande ville d’Afrique. : Il est 20h50
Alors que « Rives du monde » a repris ses circuits la semaine précédente, c’est avec Zig Zag, un autre voyagiste, que nous allons entamer l’aventure : rejoindre Louxor depuis Le Caire par les oasis de l’Ouest. Plus de 1000 km à travers le désert.
 
flight 378 to cairo
 
 
Puis descendre le Nil d’Assouan à Esna à port d’un sandal, un navire à deux voiles triangulaires qui autrefois transportaient des pierres, pour finir de manière originale et spectaculaire : survoler en ballon la Vallée des Rois.
 
Pour beaucoup d’habitants de ce pays, le temps s’est arrêté le 25 janvier, date de la révolution et nous sommes dans les premiers à revenir en Egypte.
En ville, le chaos est passé. Au Caire, à Kharga, ou à Assouan, les policiers en noir retranchés derrière leur bouclier, montent la garde devant une banque, une administration ou un musée : « No picture ! »
 
non loin de la place tahrir
 
 La capitale offre un spectacle guerrier, des chars pointant leur canon vers d’invisibles envahisseurs. Quant au  Musée égyptien du Caire, menacé le 29 janvier par les flammes du siège du Parti national démocratique, il est encerclé par l'armée pour le protéger des pilleurs. Place Tahrir, non loin de l’immeuble calciné, encore des attroupements, probablement pour s’assurer que la révolution est bien en marche !
 

voyage réalisé avec Zig Zag

http://www.zigzag-randonnees.com/index.php

 


L'Egypte sans la foule

Publié le 11/03/2017, par denis martin , Louxor
Louxor ; café nubien ;
Jeudi 10 mars 2011
 
Welcome, welcome !
 Nous retournons une dernière fois au « national nubian coffee »,
buvons un karkadeh (tisane à la fleur d’hibiscus), au milieu du glouglou
des fumeurs de chicha et du tac - tac des joueurs de tric-trac.
Elise mange un café turc, tandis qu’une dizaine de jeunes égyptiens regardent
avec avidité notre curieux groupe. Les adolescents sont les plus téméraires
et osent des clins d’œil à ces dames qui en disent long ! 
J’ouvre mon carnet, m’abandonnant aux souvenirs d’hier…
 
vendredi 11 mars 2011
 
  
Cette première semaine, Mostafa sera notre guide égyptologue et Abdu
notre chauffeur cuisinier. C’est un fier habitant de Bahariya, célibataire,
bronzé et moustachu, les mains deux fois plus grandes que les miennes,
une vraie figure de BD.  C’est aussi notre ange gardien : il nous prévient.
Six mille prisonniers « libérés » lors de la révolution courent encore.
Pas question de flâner à la nuit tombée dans la campagne…
Ici au milieu du Désert Blanc, on ne risque rien.
Mais la nuit est courte, Abdu ronfle, il a le sommeil agité
et les fennecs montés sur le toit du 4x4
tentent de kidnapper la poubelle !
 
 La route des oasis
Louxor, samedi 05 mars au soir.
Nous sommes vraiment fatigués. Lever 6 h, mais réveillés dès 5 h par le muezzin
et coucher 23 h .On mélange tout, Horus, Aménophis, Sobek, Horemheb,
et les Ptolémée ! Une sérieuse révision s’impose au retour.
Tandis que les rues du Caire grouillent de fourmis à moteur,
dans Louxor assoupie flottent des odeurs de cumin et de cardamone,
de tabac à la pomme ( tofaah) , de ragout de mouton ou d’agneau (kofta)
qui nous mettent l’eau à la bouche.
Un âne brait, les télés annoncent de mauvaises nouvelles. J’ai très chaud…
Dans les ruelles du souk résonne un air à la mode.
« So ya So » est le tube de ce début d'année.Cependant, au café voisin,
Oum Kalsoum lui tient tête. Au bout de la rue Saladin, non loin de l’hôtel TUT,
le thermomètre marque 43 °c à 17h 00, faisant suer les tankistes
dans leur uniforme camouflage. « Sourah ? (Photo en arabe) »
 
 
 
 Même si l’ambiance est morose, les gens que nous rencontrons,
hommes et femmes sont fiers d’avoir chassé les profiteurs et sincèrement
heureux de nous voir revenir…Mustafa, notre guide, s’amuse beaucoup
de voir l’ancien ministre de l’intérieur occuper une cellule,
lui qui a fait emprisonner tant d’opposants !
 
 « 5 livres, gratuit, pas cher »…  « why no ? » implore le cocher,
célébrant les mérites de Rambo, un vieux bourrin efflanqué,
plus habitué aux coups de triques qu’aux caresses»
Petit à petit, la vie reprend son cours, à l’égyptienne, à coups de klaxon,
de claquements de fouets des conducteurs de calèche, 
avec ses petites arnaques,
ses rencontres insolites, et ses touristes osant braver les restrictions !
On dirait aussi que les égyptiens se sont réappropriés leur espace,
leur sites, le Nil et leurs cafés.
 50 piastres !
Quand nous retournons à l’hôtel, c’est en taxi collectif. L’argent, 50 piastres
va de mains en mains jusqu’au chauffeur. Quelle confiance,
on ne voit pas ça chez nous : ça m’amuse beaucoup !
Sur la rive ouest de Louxor, c’est en ferry que nous la rejoignons.
Nous partageons la banquette avec les paysans ou les fonctionnaires,
les jeunes et les familles ; ambiance populaire, colorée et très conviviale : 
« welcome, welcome ! »
 
 
 
 
Cet excès de prudence de la part des tour-opérateurs a pour nous des
conséquences insolites.
Medinet Habu, Kom Ombo, Dendera, Karnak sont autant de lieux
où l’on entend le chant des oiseaux et le bruit de nos pas.
On se prendrait presque pour le premier ministre en vacances…
Sur le Nil, à peine avons-nous croisé une dizaine de ces hôtels flottants
plutôt dégarnis du chef. Nous nous saluons, eux prenant en photo
notre sandal et nous, leur fer à repasser .
 
vallée de Nil
 
Et tout le long, ce spectacle immuable de pêcheurs remontant leur filet, d’aigrettes,
de hérons garde bœufs, ou d’ibis noirs en vol serré. Pas de crocodile ?
Il parait que des nubiens en élèvent encore, comme animaux de compagnie,
pas loin d’ici. Merci, je crois que je ne me baignerai pas cette fois ci !
L’Egypte n’est pas seulement la vallée des rois ou les Pyramides.
Mais là comme ailleurs, personne aux guichets. Ici, au musée des momies
de Bahariya le gardien va chercher les clés. Lui attend les billets,
Annick lui serre la main… c’est une autre culture !
 
Ces sites cent fois photographiés sont cependant la partie émergée de l’iceberg
archéologique. Les dynasties des pharaons, les grecs, les romains, les chrétiens
puis les musulmans ont tous joué un rôle dans le fantastique puzzle de la richesse
architecturale de l’Egypte. Merci à Mostafa, notre guide égyptologue de nous
avoir fait découvrir, églises et couvents, monastères et mosquées, nécropoles
et temples, même si nos mémoires saturées d’informations
ont parfois frôlé la surchauffe.
 
 On se déplace plus facilement en moyenne Egypte, semble t-il: pas de barrage ,
pas de convoi . Là, les temples difficilement accessibles, comme celui de
Dendera, que nous avons pu visiter, sont magnifiques.
Cela pourrait éviter de livrer ce patrimoine oublié aux pillards.
Car, malheureusement, presque chaque jour, à l'heure actuelle,
des attaques ont lieu sur les sites archéologiques. Nombre d’entre eux ont subi
des fouilles illégales et tous contiennent des vestiges du patrimoine mondial.
 
 
 
 
 
des photos

Nos videos

http://www.youtube.com/user/denismartinfr#p/u

Pour plus de précisions sur ce pillage

http://djeserdjeserou.blogs-de-voyage.fr/l_egypte_aujourd_hui

 

  un petit croquis avant de partir...

   

 

 

 

 

Circuit Le Caire les oasis Louxor réalisé avec Zig Zag.

http://www.zigzag-randonnees.com/index.php

 


Restauration

Publié le 7/03/2017, par denis martin , Louxor

 

Louxor, rive ouest.

 

Dimanche 23 mars 2014, une des deux nouvelles statues du pharaon Amenhotep III a été dévoilée  à Louxor. A cet endroit , un temple, le plus riche, le plus vaste de la rive ouest, est l'objet d'une longue restauration. Retour , il y a quelques années de cela, en pleine révolution.

 

Vendredi 04 mars 2011

 

 

 

Bâti sur la rive occidentale du Nil, adossé à la montagne thébaine, le vieux temple s’étend sur trois hectares. Des centaines d’ouvriers s’y retrouvent, comme chaque matin de janvier à mars, et transforment le chantier en fourmilière. Mais en 1998, le site est un champ de ruine. En partie détruit par un tremblement de terre, puis saccagé par des pilleurs de pierres, il doit sa renaissance à l’archéologue arménienne Hourig Sourouzian. Pantalon rouge carmin, chemise rose et panama, serait-ce elle que j’aperçois ? A la tête de la mission de conservation du temple, elle et son équipe assemblent patiemment les pièces d’un puzzle géant dont certaines pèsent une centaine de tonnes. Dans ces tas cailloux se cache une longue histoire vieille de 3400 ans.

Aujourd’hui encore, le ciel est d’un bleu très pur ; les colosses assis les mains sur ses genoux fixent l’horizon de leur gueules cassées tandis que perché sur le némès, les moineaux twittent.

Pour ne pas risquer la stabilité de ces monolithes de quartzite, seuls de petits sondages sont menés ici. A leur base, clameur et chuchotements dans la tranchée : un chef ordonne, des ouvriers obtempèrent et s’exécutent ; une scène ordinaire, en somme.

 

Révolution: Habu temple

 

habu temple

 

Dédié à la divinité Amon, le dieu de Thèbes identifié à Ré, le temple de Medinet Habu, aujourd'hui, nous est entièrement consacré. Nous sommes les seuls étrangers à venir profaner le temple de Ramses III, à la rencontre du dieu "caché" car nul ne pouvait le voir !

 

En cette heure matinale, noies, ni béliers, ses animaux sacrés, mais la voix de notre guide et pour écho, le gazouillis des oiseaux.

 


Djebel Silsileh

Publié le 6/03/2017, par denis martin , Nile River

Mercredi 9 mars 2011

C’est ici l’endroit le plus étroit entre Louxor et Assouan.

Selon une ancienne tradition arabe,  une chaîne aurait été tendue au travers du fleuve pour entraver la navigation, mais aujourd’hui rien de tout cela ! Le Gebel el-Silsila, qui signifie "Montagne de la Chaîne" est une carrière abandonnée. Les gros ferry n'y approchant pas, elle n'accueille, aujourd'hui que les freles esquifs ou les touristes en sandals.

 

 

Exploitée au Nouvel Empire pour son grés d'une qualité incomparable, cette montagne permit aux pharaons de couvrir l’Egypte de temples à leur gloire et à celle de leur dieux. Nous accostons là où jadis, des milliers d’embarcations sont venues s’amarrer, attendant que la crue monte, pour transporter d’immenses blocs vers Abydos, Louxor ou Karnak. Nous découvrons plus qu’un chantier. C’est un lieu de mémoire, presque vivant, comme en témoignent les marques des carriers, les stèles, les sanctuaires et les cénotaphes (des tombeaux vides) de  nombreux rois.

Nous rendons ainsi visite à Thoutmôsis III, Hatchepsout, Séthy 1er, Ramsès II, Ramsès III, et d’autres illustres notables du Nouvel Empire. Cependant, le spéos d'Horemheb est le monument le plus important du site... Les spéos sont des temples creusés dans la roche, celui d’Abu Simbel est le plus connu. Horemheb, d’origine modeste, dédie ce temple à plusieurs divinités, dont le local Sobek. Mais le pharaon, certainement très narcissique, s’est lui-même divinisé offrant des papyrus à Thot et Hathor, piétinant ses ennemis ou exhibant ses prisonniers.

Après la mort d'Horemheb, ce spéos subit des remaniements Les tagueurs antiques, successeurs du pharaon ont gravé leurs signatures là où il restait de la place.

A l’extérieur du petit sanctuaire, au fond de la galerie couverte, est assis un vieil homme. Je ne l’avais pas remarqué. Fièrement, il prend la pose.


Ethiopie: sur la route historique

Publié le 28/02/2017, par denis martin , Hawzēn

Mardi 5 mars 2013 ; 10 heures

Gheralta mountains , Ethiopie.

 

-« Le pied gauche ici, le pied droit là,

Left hand here, right here…”

Avec difficulté je parviens à me hisser jusqu’à la prise suivante.

Parfois je dois laisser aller mon pied nu trouver un point d’appui car mes bras ne sont pas assez longs pour attraper le suivant. Je suis alors poussé au derrière ou hissé par des mains salvatrices.

L'église d’Abuna Yemata est sculptée sur la falaise de l'une des montagnes de Guh et il n'y a ni cordes, ni de chaînes ni rambardes pour l'escalade. Juste des points d'ancrage et des trous irréguliers creusés dans la paroi rocheuse et quelques branches mortes servant accessoirement de rampe.  Parvenu au balcon, nous nous asseyons à l’entrée d’une grotte et à l’ombre d’un genévrier. A moins d’ignorer le vertige, cet endroit est la partie la plus terrifiante de l’ascension. En effet, juste avant l'entrée de l'église, il y a une étroite corniche taillée dans la falaise verticale. Une étourderie et c'est la chute une centaine de mètres plus bas.

Abune Yemata est l'une des cent vingt églises rupestres des Gheralta. On l’atteint à partir de la ville historique de Hawzien, à quatre kilomètres du village de Megab, en gardant l'escarpement à sa gauche.

 

 

Le paysage a un coté western, une sorte d’Arizona éthiopien, sans chevaux ni desperados, mais avec chèvres, poussière et cactus.

 Nous quittons notre diligence et Mesfin au bout de la piste.
Une petite compagnie nous attend.  Encore trente minutes de marche et nous serons au pied de l’éperon vertical, là où il faut se déchausser. Beaucoup abandonnent ici.

Hervé et moi relevons le défi.

 

L'effort de monter, est cependant grandement récompensé. Cachée au cœur des falaises abruptes du massif, taillée dans la roche, l’église abrite Christ , apôtres et Saints syriens dans un grand raffinement. Bien que Yemata, aussi appelé Libanos soit arrivé dans le Tigré au 6ème siècle, ces peintures très colorées et bien conservées sont attribuées au 15ème siècle.

Le soleil tape dur, mais à l’intérieur, l’air est frais. On ne s’y éclaire plus à la bougie mais de laides ampoules (même pas Led) pendent des murs.

 

L’ensemble, soutenu par plusieurs colonnes est plutôt petit : six mètres sur quatre et trois mètres de haut.

Au plafond, neuf des douze apôtres sont représentés disposés en cercle.

Un autre dôme peint représente huit des neuf saints syriens, responsables, selon les écrits, de l’évangélisation du pays.

Abune Yemata, le neuvième est  montré sur le dos de son cheval sur l'un des murs.

 

 

Toutes ces merveilles sont décrites comme les plus sophistiquées trouvées  à ce jour dans le Tigré. Ici les gens, les choses, les lieux et les cérémonies sont restées presque inchangés depuis plus de mille ans : c’est l'église la plus rare dans l'endroit le plus insolite au monde que j’aie pu admirer, un lieu qui semble plus proche du ciel que de la terre.

 Malheureusement ou pas, les chinois bâtissent une route nouvelle et l'inaccessibilité du site ne sera bientôt plus qu’un souvenir.
 

 

http://www.flickr.com/photos/denmartin/sets/72157633180187702/

 

Mars 2013

La Randonnée dans le parc du Simien ; quatre jours , trois nuits sous la tente.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un album sur Flickr

https://www.flickr.com/photos/denmartin/albums/72157633028956858

 


San Jose; Lycée franco

Publié le 20/02/2017, par denis martin , San José

Rien à voir avec le dictateur,le lycée Franco Costarricense (Liceo Franco- Costarricense) se situe prés de Trés Rios. C'est un quartier trés agréable même si je vivais chez mes amis dans un autre quartier de San Jose... Pour info, un professeur des écoles sans expérience en 2011 avait un salaire de 575.000 colons soit environ 900 euros . Comme en France, un temps complet, c'est 27 heures hebdomadaires. 

 C'est en mars 1988, que je me rends dans ce pays et après quinze jours de remplacement en maternelle, je vais enfin pouvoir me consacrer entièrement à sa découverte .

 

voir aussi

 http://www.flickr.com/photos/denmartin/5005092960/in/set-72157624837545507

 


Costa Rica 1988

Publié le 19/02/2017, par denis martin , San José
Jeudi 24 mars 1988
 
Un nouveau séisme de magnitude 4,2 a été senti dans toute la vallée centrale. Il était une heure quarante du matin et mon lit a tremblé. Je n’ai eu d’autre réaction que celle de me rendormir. C’est d’autant plus idiot que quelques jours auparavant, une séisme plus important avait précipité les gens dans la rue .C’était au repas du soir, les bibelots sur l’étagère se sont fait la malle, dans les assiettes la sauce s’est mise à l’abri et nous aussi.
Dehors, tel de grands échassiers maladroits, les lampadaires se balançaient à la recherche d’un équilibre qu’ils mirent quelques longues secondes à retrouver.
 Encore une journée d'école, et j'aurai achevé mes deux semaines de remplacement en maternelle au lycée franco.
 

 devant le lycée franco costaricien 

 
 Puerto Viejo
 
 A son arrivée sur les côtes Christophe Colomb avait noté la présence de nombreux sorciers indigènes Bribis ou Cabecares. Mais l’envers du décor n’est pas aussi reluisant et ce pays cache ses communautés indigènes qui sont bien souvent ignorées du reste de la population.
Vivant pauvres, isolés et discriminés sur leurs terres ancestrales, ils sont en voie de disparition et ont pourtant tant de choses à nous enseigner ! Certains sorciers appelés Sukias sont très appréciés comme guérisseurs  pour leur connaissance reconnue des plantes et… de l’exorcisme !
 
 
 
 
Aujourd’hui la végétation luxuriante et les plages paradisiaques subsistent. Les autochtones portent de singuliers tatouages. Ils pratiquent des danses nouvelles sur une musique lourde à quatre temps et militent pour la légalisation de la marijuana.
Ici les gens vivent au rythme des Caraïbes ,des accents jamaïcains et de la musique Reggae. Bob Marley s’affiche sur la porte des baraques en bois ou sur la proue d’une embarcation, les filles et les garçons en dreadlocks sirotent un coca. Sur la plage où plongent les cocotiers, flottent des arômes de noix de coco et l’odeur caractéristique du « Rice and Beans » pendant que les vagues tendres de la mer Caraïbe accueillent les surfeurs.  
 


Cahuita, Costa Rica

Publié le 18/02/2017, par denis martin , Cahuita

April 1988

Connu pour son sable blanc, ses cocotiers, le Parc national de Cahuita  l’est surtout pour son récif corallien, où vivent éventails de mer, oursins ou encore poissons perroquets. Je n’en verrai pas les couleurs, n’ayant pas l’équipement et me contenterai d’une longue baignade. Derrière la plage déserte, côté terre, les singes hurlent. Je m’équipe pour une moisson d’images. La promenade est agréable et calme mes coups de soleil. Un morpho bleu aux reflets métalliques vole sous les arbres. Clic, clac….Manqué.

 

 

 

 A ce propos, ses ailes sont incolores. Mais grâce à leur structure, elles réfléchissent et réfractent la lumière, la décomposant et créant des couleurs par interférence. On parle d’iridescence : c’est un phénomène très répandu dans la nature ; de nombreux animaux lui doivent leurs magnifiques couleurs.

Les miennes virent au rouge, je retourne à ma cabina bleue turquoise pour une nuit brulante face à la mer.

 

 

 

 

 

des photos encore...

http://www.flickr.com/photos/denmartin/sets/72157624837545507/

 


Rendez vous

Publié le 30/01/2017, par denis martin , Pointe-à-Pitre

Dimanche 22 avril 1990

« Bungalow  à Gosier, demande Jean Claude » l' info est laconique, mais je vais devoir faire avec !

Après deux rendez vous manqué avec Christian en Cote d’Ivoire puis en Thaïlande, une fracture du coude va réparer cet oubli. Mon ami rentre d’une mission au Brésil, aux bras de  Gabriela une jolie brune au caractère bien trempé.

Ils font étape en Guadeloupe où une turbine a rendu l’âme et le gaillard compte bien que j’y poursuive ma rééducation.

 

 

Nager tous les jours me fera le plus grand bien, me dit-il. Il n’en faut pas plus pour me convaincre. J’abandonne kiné et soins coûteux, ciel gris et giboulées glaciales pour les eaux chaudes des Caraïbes

C’est donc en toute discrétion que je débarque d’un vol Aéromaritime,  le 22 avril 1990. Il est 18h35 et il fait nuit. Je précède d’une journée le télégramme annonçant ma venue. Qu’importe, par un hasard extraordinaire, mon ami Christian est venu ici déposer un plan de vol pour le lendemain. Je le vois s’éloigner dans le hall, crie son nom, il se retourne…

« Denis, qu’est ce que tu fais là ? je ne t’attendais pas si tôt !»

 Nos retrouvailles vont se noyer à la marina de Pointe à Pitre qui fêtera bientot la victoire de Florence Arthaud dans la route du Rhum. Nous l'anticipons avec quelques punch, accompagnés d’accras. Suivra un délicieux kalalou qui, après ces excès, sera le bienvenu. An pété-pied , un dernier punch,celui qui « casse les jambes »,viendra anéantir les bienfaits de cette soupe. Usé par le décalage horaire, je dors comme une souche. Je me réveille tôt, le souffle irrégulier et la langue poisseuse.

 

le bungalow et l'ilet de Gosier

 

Lundi 23 avril : L’ilet du Gosier n’est qu’à un kilomètre du bungalow . J'ai pour compagnon un chien paresseux , un chat famélique et quelques bières. Premier soleil , premières brûlures et premières cloques le 27.

Protection n°4 : insuffisant ! Un pied coupé sur un récif le 26, cicatrisation difficile…

Ainsi passent mes premières journées: mes cheveux blondissent, ma peau rougit, pèle puis enfin brunit

 

Jeudi 26 avril, Baie Mahault

 Nous parcourons quelques kilomètres vers le nord et Baie Mahault là où la mangrove couvre la zone côtière. Une variété de palétuvier nommé mahotou ou mahot abonde dans la région et a donné son nom à la baie. Nous stoppons au plan d’eau. La mer est calme, le ciel gris et au loin, de lourds nuages déchirent le ciel. Des cocotiers martyrisés témoignent de la violence cyclone Hugo qui a dévasté la Guadeloupe le 17 Septembre 1989. Mais aujourd’hui le grain qui vient de s’abattre sans crier gare est tout à fait courant en cette saison.

 

L’A G S N, Association Guadeloupéenne de Ski Nautique est un club ouvert depuis 18 novembre 89, comme c’est écrit sur le panneau. Le menu propose initiation slalom, figures, sauts et barefoot .Si certains pratiquent une variante nu-pieds j’opte pour un long ski. Celui ci  ressemble aux skis alpins, mais il est plus large. Je m’éclate, bois beaucoup d’eau, mais après d’utiles corrections, je maîtriserai la planche. Demain, je ferai connaissance avec Juliette Romeo, un Piper PA-28 bleu blanc rouge du plus bel effet…

 


tourment d'amour

Publié le 30/01/2017, par denis martin , Les Saintes

Dimanche 13 mai 1990

Le Piper PA-28 Cherokee est un avion léger de quatre places à train fixe.

Christian maîtrise les 300 chevaux de ce six cylindres, car il pilote depuis maintenant cinq ans.

Comme c’est un amateur consciencieux, nous sommes partis à plusieurs reprises pour des séances de décollage-atterrissage (touch and go) au Raizet.

J’ai découvert à ses côtés un autre aspect de l’île. Un écrin de verdure, taché de toits rouges entouré d’une eau limpide allant du bleu marine au bleu azurin.

Christian à droite et moi

L’ilet du Gosier se fait remarquer, mais à 900 pieds, on oublierait presque la présence du phare dressé au sud de l'île. Nous laissons la Soufrière à notre droite et mettons le cap vers les Saintes. Découvert au cours de son deuxième voyage par Christophe Colomb, ce chapelet d’îles posé sur une mer turquoise a été baptisé Los Santos en l’honneur de la Toussaint.

 Situé à quatorze kilomètres au sud de la Guadeloupe, quinze minutes nous suffisent pour rejoindre l’archipel.

Avec un bon alizé de face d’une vingtaine de nœuds, l'atterrissage pourrait sembler facile. Ce n’est pas le cas. On arrive de biais et il faut bien viser avec le relief qui encadre l’aérodrome, pour en final, être dans l'axe de la courte piste.

 

On rase les cases au toit rouge, l’approche est rapide, trop sûrement. Les roues touchent le sol, l’avion roule, mais les rouleaux de la  plage de Grand Anse grossissent à vue d’œil, trop vite... On est trop long. Calmement Christian remet les gaz, l’océan défile sous les roues. Le deuxième essai sera le bon.

 Verte d’en haut, l’île tourne au blond de près. L’eau des pluies, trop rares ou trop violentes, pénètre rarement la terre en profondeur. Des arbustes étriqués et des plantes grasses résistant à la sécheresse s’accrochent aux pentes abruptes des mornes. Exquis et ravissants tropiques, mais gare aux apparences ! Toxique de la tête au pied, le mancenillier est un arbre à l’ombre duquel il ne faut s’endormir. Il provoque de graves brûlures, même sous la pluie. Gare aux chiens aussi, ils traînent partout. Si ce gros noiraud a l’air bienveillant, qu’il garde ses parasites !  Natte et claquettes obligatoire  sur la plage.

Celle de Grand Anse semble belle vue du ciel , mais elle est dangereuse et reste interdite à la baignade. La houle y a laissé toute sorte de déchets végétaux et animaux mais aussi jouets, sacs en plastique, canettes , paquets de cigarette, filets et fils à pèche mêlés : une bien triste carte postale !

 

 Le fort Napoléon, au sommet du Morne Mire, nous offre ses cactus-cierges  et une superbe vue sur la baie. Celle-ci a même son pain de sucre, et Christian qui vu Rio s’y retrouve un peu. La promenade sur le chemin de ronde est plaisante. Son jardin exotique renferme frangipanier, agaves, aloès, et cactus-tête à l’anglais… Fait-il référence au couvre chef des grenadiers de Buckingham ou les habitants ont-ils gardé une "épine" contre les anglais après le désastre de la flotte française en 1792 ?

 

 

 

 

Au pied du morne, une dizaine de barques multicolores sont rangées face à la plage. Ancrée dans la roche une maison blanche aux volets bleus, en forme de bateau, s’avance sur le rivage...

Après midi à arpenter l’île dans l’indifférence des saintois accoutumés à être envahis régulièrement. Dans cette île où aucune culture n’est possible, la vie est rude et le tourisme  une nécessité pour ses habitants. Nous les rencontrons ainsi à l’ombre d’un arbre, réparant leurs filets ou à la terrasse d’un café où l'on joue bruyamment aux dominos.

 

Nous quittons l’île non sans avoir goûté au tourment d’amour, ce délicieux petit gâteau à base de noix de coco, vendu par les grand-mères du village et que chantera  Francky Vincent un plus tard.

 
 
 

Mount Hutt

Publié le 29/01/2017, par denis martin , Mount Hutt

Perth, Australie;

décembre 1990

 

Christian vole sur ce continent depuis cinq mois. Je reçois une photo de mon ami en short au milieu du Bush posant devant un Beechcraft Bonanza. Pour fêter sa centième heure de vol au pays, une Jaguar l’attendait à l’atterrissage…

En 1991, Christian traversait l’Australie d’ouest en est à bord d’un Piper Arrow.

A cette époque c'est par courrier que je reçois le récit de son périple ...

Nous promettons de nous voir au pays des Kangourous l’année suivante.

 

 

Janvier 1992,  je pars pour l’Indonésie, visa australien en poche.

Rendez vous manqué ! L’oiseau est en Asie sur un autre chantier.

Je traverse Java en train, passe quelques jours à Yogja, visite Borobudur puis m'installe à Bali.

J' y resterai quelques semaines,  le visa inutile.

Je pousserai la curiosité jusqu'à m'envoler vers Manado au nord est de Sulawesi.

Pendant ce temps, mon vieux complice poursuit sa moisson de pays.

Je recevrai régulièrement ses lettres, témoignant d'une intense activité émergeante en Asie :

Corée, Japon, Chine, Malaisie.

 Nos routes se croiseront à plusieurs reprises en France où il rentre régulièrement. Nous survolerons les Vosges à plusieurs reprises mais c'est  l’Australie qui l'attire. Il adore ce pays où " je vole énormément pour mon job " m'ecrit-il, pratique le vélo, plonge avec les dauphins à Shark bay ou croise le requin pèlerin près des côtes à Exmouth.

 

Nos routes se croiseront à plusieurs  reprises en France. Mais Christian a adopté l’Australie et inversement.

 

Aout 1997, alors que je rentre de Corse, une longue lettre m'attend.

Elle est datée du 29 juillet, postée à Perth où Christian réside sur Burke Drive

dans l'estuaire de la rivière des cygnes ( Swan river).

Christian est ingénieur chez Alsthom, depuis plusieurs années maintenant.

Compétent et disponible,c'est un professionnel méticuleux et un grand voyageur. Nous nous connaissons depuis l’enfance. A dix sept ans nous avons parcouru les routes de Cornouailles à bicyclette. 

L’année suivante, c’est encore au guidon de ce lourd mais robuste Peugeot qui nous nous attaquions aux Tourmalet, Aubisque et autre Aspin. Nous avons parcouru les sentiers des Vosges et descendus les pistes de Alpes.

Puis Christian a entamé ses déplacements professionnels. Ses lettres timbrées en témoignent : Côte d’Ivoire, Guinée, Cameroun, Thaïlande, Malaisie, Mauritanie, Egypte, Inde, Brésil, Corée, Japon, Chine, Australie.

«  …dans un mois, je chausserai les skis en Nouvelle Zélande.. »

Ainsi, alors que les vacances s’achèvent en France, Christian, qui n’a jamais fait comme tout le monde, descend les pistes du Mount Hutt. Mais, ce 25 août, le temps est maussade, le vent violent et à la fin de la journée, Christian ne rejoint pas le bus qui doit le ramener à la station.

La météo empêche les secours de le retrouver. Le 26, des bâtons ont été repérés contre la paroi sud très escarpée de la montagne parmi les débris d’une avalanche. Il semble qu’il l’ait déclenchée alors qu’il traversait la pente. On ne retrouvera son corps dans ce secteur que deux mois plus tard.

 


Ghat, porte de l'Acacus

Publié le 28/01/2017, par denis martin , Ghāt

Jour06 : Vendredi 25 février

 Wadi Erlacheme (9h30) – Wadi Tanezouft (13h30) : 4h de marche

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après une bonne nuit dans l’oued, j’ai le dos un peu endolori ; je râpe ma barbe pour y prélever quelques rogatons ; pas de sardines mais seulement du sable.

Le thé bu, c’est l’effervescence de tous les matins : Salem vide une bouilloire d’eau dans le radiateur, Agi range sa guitare, le 4x4 est chargé, les chameaux baraqués. C’est parti en chanson, faisant réviser à nos hôtes les standards de la chanson française. La terre est sèche, craquelée par endroit .Nous apercevons les dunes jaunes qui grandissent à notre approche. Les nuages ont disparu et la chaleur est bien présente. 

 

 

 Un terrain caillouteux de roches noires et de sable mêlé barre l’accès aux dunes. Les plus courageux vont  gravir la plus haute. Gibril n’avait pas prévu ce contretemps . On mange à l’ombre des tamaris: tomate, olives, omelette, frites, aubergines, pommes  et bananes ; il faut finir, on ne ramène rien ! Tandis qu’Abdel Kader ligote quelques bois sec à l’arrière du pick-up, nous saluons Agi notre jeune chamelier qui part pour la Tadrart, avec deux bêtes.

 

 

S’ouvre alors une large vallée qui descend en pente douce en longeant le plateau de grès ;

 nos chauffeurs se lâchent sur cette surface plane : dunes barkhanes en croissant, posées sur le fond dur, dunes en cordon à arête tranchante, dunes en vagues courtes se succèdent .Peu avant l’arrivée au camp, nous continuons à pied : 

soumis aux caprices du vent, le sable se soulève ; c’est le moment où je dois changer de pellicule. Elle en gardera une traînée blanche.

Le soleil est bas maintenant, les falaises prennent une teinte argentée et le sable doré passe du rose au bleu. La tente verte de Salem, le cuisinier est déjà montée ; dans un scénario bien rodé, il en sort avec le thé et les gâteaux qui nous avalons autour de la grande natte.

Menu de fête ensuite : chorba, couscous de chèvre et poulet grillé.

Puis, l’endroit s’anime ; des dizaines de personnes nous encerclent. Prenant place sur l’arène improvisée, le tout Ghat semble avoir rendez vous ici au clair de la lune. Des pick up chargés arrivent. En descendent des femmes en robes bleues à paillettes et des hommes tout de noir vêtus.

 

« Ce sont des artistes nigériens » me dit Gibril. Une sebeiba, une fête comme il y en a une à Djanet ou plutôt un rassemblement  « tindi » pour chanter. Les femmes jouent de la ganga, un tambourin en bois circulaire, en frappant la peau à l'aide d'une baguette. Le rythme envoutant est soutenu par des choristes aux chants récitatifs et monotones.

 

 

Les hommes, coiffés du takoumbout, une longue chechia, portent un costume d’apparat. Encouragés par les youyous, ils brandissent leur tabouka, simulent des combats, enchaînent danses et acrobaties. Cette fête a t-elle pour but de distiller les inclinaisons belliqueuses des touaregs ou célèbre t-elle la mort de Pharaon, noyé dans la Mer Rouge alors qu'il poursuivait injustement Moïse

…toujours est il qu’elle évoquée au néolithique par les peintres rupestres.

 

Deux heures passent, la lune monte et les acteurs sont fatigués. La scène se videra aussi vite qu’elle s’était animée. 

 

 

 

Jour07 : samedi 26 février

Ghat

Nous quittons après une courte nuit la banlieue sableuse de Ghat.

La ville apparaît, dominée par le mont Koukemen qui est lui même coiffé par une citadelle historique. De là haut la vue est grandiose, avec au loin, les falaises rocheuses de l'Akakus, qui s'étendent à perte de vue. Derrière, au sud et à l’est, s’étend un paysage dunaire qui précède les plateaux de la Messak. Je les découvrirai l’année suivante, mais je ne le sais pas encore…

 

 Nous nous rendons à l’agence où je me lave de façon sommaire. Je ne prends pas de douche, mais un demi verre d’eau  et une véritable éponge ; Je ressemble à un sou neuf ! De toute façon, ici l’air ne colle pas à la peau; on peut se sentir propre sans se laver pendant quinze jours ; l’agence me déleste encore d’une taxe d’aéroport de douze euros.

 

Après le repas, je pars visiter la ville-oasis. L’origine de son nom vient du mot lézard, arata en tamachek. Ghat aurait été fondée au douzième siècle par les Berbères de la tribu des Ihadjenen.

 

 

En cette année 2005, sur une vingtaine de milliers d’habitants, une majorité de Touareg y vit toujours. Jadis lieu de rencontre et de halte des anciennes caravanes trans-sahariennes, florissante jusqu’à l’abolition de l’esclavage, la petite cité offre maintenant aux touristes ses maisons en briques de terre peintes à la chaux, ses boutiques de souvenirs et d’« Artissana ».

 

Je monte à la citadelle et m’offre un point de vue sur la vieille ville, plongeant dans les ruelles étroites et sinueuses, dans l’intimité de la vie quotidienne des habitants. Sur leurs maisons en pisé, les antennes satellites semblent interroger le ciel.

Je redescends, passe devant une maison rose, les échoppes et le marché. J’emprunte quelques ruelles, me perds un peu et me retrouve devant l’école. Ici on  enseigne le français, m’apprend ce jeune homme bleu. Sur le mur de la cour, derrière ses lunettes noires, un Kadhafi bien martial surveille les récréations.

 

Dimanche, la neige vient saluer mon retour dans les Vosges

« Alouette, je te plumerai » Non, merci pas ce soir !

 

 

Epilogue

Indissociable du régime de Kadhafi, endoctrinée par son régime pendant quarante ans,  Ghat n’a pratiquement pas participé à la révolution libyenne.  Dans cette ville aux ruelles pittoresques, isolée en plein désert et proche de l’Algérie, la révolution n’a rencontré ici aucun écho.

La désorganisation y est maintenant totale, et la région une des principales zones refuges des jihadistes qui ont fui le Mali. Avec des milices locales qui tentent de faire régner un semblant d'ordre dans cette zone de non-droit, avec l’armée nigérienne qui mène une guerre sans merci contre les narcotrafiquants et les islamistes, le patrimoine est en grand danger dans le Sud libyen.

 

 


Palazzo ducale

Publié le 27/01/2017, par denis martin , Venise

 Place San Marco

« … et à cet endroit vous pouvez voir le groupe des Tétrarques, sculpture de porphyre rouge datant du IVème, fruit du pillage … »  Je découvrirai dix ans plus tard cette roche pourpre en Egypte dans le Djebel Dokhan.

J''ai un regard bienveillant sur ces accompagnateurs . C'est un dur métier, un duel permanant linguistique et culturel : parler plus fort que son collègue et avoir réponse à tout, patience et courtoisie!

Parfois je me mêle aux groupes de compatriotes et subtilise quelques commentaires.

Ainsi traversant la porte della carta je visite le palais des Doges. Suivent ses magnifiques salles baroques, ses fresques démesurées, le lumineux Véronèse,

et au détour d‘un appartement une belle endormie, chargée ordinairement de la surveillance du lieu.

 

 

Je trace mon itinéraire au gré de ma curiosité, heureux de partager un café con latte au Florian, en compagnie de touristes australiens. J’erre ainsi dans la bruine et les canaux.

 Je me perdrai dans le Cannaregio  stupéfait de m’y retrouver seul.

Un vaporetto me débarquera à Burano, paradis des photographes. L’île séduit d’emblée ; des maisons bariolées, des sous vêtements pendant aux façades, ajoutant à l’ensemble une empreinte cocasse.

 Je retiendrai enfin ce tableau insolite de gondoles échouées au Squero San Trovaso. Dans l’atelier, des mains expertes redonnent une jeunesse à cette singulière espèce endémique des eaux noires de la lagune.

  C’est le jour du départ ; je quitte la pension Caneva, située à deux grands pas du Rialto.

J’arpente le quartier de la Guidecca avec pour ultime mission de dénicher un restaurant de qualité. Dans une minuscule « calle » se cache une excellente table, l’Altanella où, on le dit, Mitterrand est venu dîner.

 

 

 

Mai 1997

Moins d'’abdos, mais le regard de braise , Andrea Boccelli et son " con te partiro" l'avait annoncé: je retourne à Venise , en voiture cette fois ci et accompagné. 

 Dans la ville musée de marbre et d’eau où les canaux semblent porter des noms de fleuves, les perfides brumes font enfin place à un soleil radieux.

 

 

 http://www.flickr.com/photos/denmartin/sets/72157604079831333/

 


les surfeurs

Publié le 8/01/2017, par denis martin , Padangbai

 

Inoubliable Padangbai, un village au charme tranquille avec ses bungalows cachés sous les palmiers, ses côtes bordées de récifs coralliens, son folklore traditionnel balinais, ma magnifique paillote parmi les bougainvillers, avec mezzanine sous un toit en paille.

Matthew et Christopher, mes amis américains ont moins de chance,

une basse cour est collée à la leur.

 

 Kim est la jolie surfeuse du numéro 5. Sa planche, une Channel Islands trône devant sa bécane, une Yamaha rouge. Elle fréquente les Kiwis et les Aussies.

Inoubliable aussi, ce coup de soleil. Aujourd’hui, mon dos part en lambeaux :chemise à manches longues de rigueur !

 Inoubliable, c’est le titre de l’Equipe du 2 décembre 1991.

La France remporte  la Coupe Davis; le premier saladier d'argent depuis 1932 face aux Etats-Unis qui alignaient Sampras et Agassi !

....Zut, il manque les pages suivantes. Enfin, c’est toujours agréable,quand on est à des milliers de kilomètres de chez soi, de dénicher un journal dans sa langue, même un peu usagé !

 


combat de coqs

Publié le 7/01/2017, par denis martin , Padangbai

 

Padangbaï, janvier 1992

Le temple se vide. Des plumes volent, des boites de sodas abandonnées roulent quelques instants encore. Quelques coups de balai et la place sera bientôt nette. Le silence revient :un dimanche à Padangbaï.
 
Au commencement, il y eut des acclamations ; un regard vers le cimetière, aucune cérémonie. Personne ne m’a prévenu. J’abandonne le spectacle multicolore des barques alignées sur le sable blanc et me dirige vers le temple. Sa coupole étincelle dans la verdure qui l’entoure car le soleil tape vraiment fort.
L’excitation de la foule est à peine tempérée par la tièdeur de l’endroit. A l’abri d’une toile tendue au dessus de nos têtes, se dispute une paire de coqs.
L’affaire est grave, il en reste souvent un sur le carreau,aussitôt achevé et déplumé .
 
 
Le vainqueur remet son titre en jeu ou empoche les gains. Car dans ce lieu, la gloire est éphémère.
A l’écart de la foule, à l’ombre des tôles, d’autres combattants attendent dans leur panier tressé, leur entrée sur scène.
 
 

les paludiers de Bali

Publié le 7/01/2017, par denis martin , Bali

 

Kusamba

 

Je laisse Matthew et Christopher à Kimberly et les Austaliens à leurs « Bintang ». En longeant la côte au sud de Padangbai, je devrais atteindre Kusamba Beach …Le chemin est long mais il parait que l’endroit vaut le coup d’oeil ; j’enfile mes baskets et enfourche un bébek (pas le canard mais le deux roues local)

L’imposante masse verte du volcan Agung, montagne sacrée des habitants de Bali domine l’horizon de ses trois mille mètres.

 

 

Les vagues éclaboussent l’océan. Une douce brise marine enveloppe une belle plage de sable noir à l'atmosphère tropicale.

 Une ligne de bateau à balanciers (prahu c’est le nom donné à ces bateaux de pêche) décore le sable noir tout au long du rivage. Leur gros "yeux" sur la poupe  aideraient les pécheurs à se repérer dans l'obscurité car la pêche a aussi lieu la nuit.

Le détroit entre Bali et l’île de Nusa Penida est habité par un grand nombre de navires. Deux fois par jour, un lourd bateau pouvant emporter jusqu’à 1,5 tonnes de fret avec un équipage de cinq personnes débarque riz, légumineuses, fruits et d'autres matériaux. Le Pranedya Quartya, un chimiquier immatriculé au Panama

écrase de sa masse noire la voile blanche et triangulaire

des élégants « prahu ».

 

Les paludiers

 

 

Sur la côte, plusieurs familles de sauniers exploitent le sel de mer ('garam' en bahasa indonésia)

selon une méthode originale. J’observe l’un deux ;

le dos courbé, le petit homme charrie en équilibre sur ses épaules

deux énormes bacs d'’eau de mer. Il la répand ensuite sur le sol sableux aplani à cet effet.

Je comprends le processus. Après évaporation, celui ci est ramassé

dans de grands paniers de bois tressé qui servent de filtre. De longs troncs de palmier sont alignés ; ils ont été coupés en deux et évidés. C’est là, dans ces « Palungan » que la saumure obtenue précédemment est versée.

 

 Elle s'évapore ensuite laissant apparaître les cristaux d'un gris terne que je vois au creux du tronc.

 

 C’est dur, non ? Le gars opine avec un grand sourire.

Sur le sable noir, avec cette chaleur étouffante c’est un travail exténuant.

Mais ça nourrit son homme et même toute la famille. D’après ce que je vois,

le sel produit est utilisé pour la préparation du poisson séché.

Tiens, voilà les gamins ; craintifs ou curieux ?

En tout cas, mon intrusion les intrigue, ils n‘ont rien à me vendre,

mais mon appareil photo est l’objet de leur curiosité. « Siapa namamu ?» «  Dari mana ? »

Oulala, ça va trop vite…

Je rassemble mon indonésien de poche et tente une brève conversation.

Ce qui les fait bien rire.

 


Vallée des Ammelnes

Publié le 31/12/2016, par denis martin , Tafraout
lundi 2 mai 2011

Aujourd’hui , la dépression poursuit sa ronde au dessus de nos têtes charriant de laids nuages gris. A quelques kilomètres de l’auberge, au nord de Tafraoute, la maison traditionnelle surgit au milieu des nuages, de l’autre côté de l’oued en crue. Il faut le traverser, il n’y a pas le choix. Ignorant les appels des gens en face, nous passons cet obstacle sans encombre. Des habitants de ce douar adossé à la falaise ocre nous conduisent à la maison qui abrite un petit musée. Ces charmantes personnes nous invitent au retour à utiliser le pont 50 m plus bas …
Le site est verdoyant de figuiers de Barbarie et d’arganiers, la pluie accentue les contrastes et je prends abusivement des photos. Trois frères et leur père nous accueillent dans le salon berbère où nous prendrons le thé. Le temps passe au gré des anecdotes et au son d’un banjo à quatre cordes, tandis qu’au dehors les gouttes s’écrasent en rythme sur la terre rouge.
 
La maison traditionnelle d'oumesnat
 
Des photos ...

Le souk

Publié le 30/12/2016, par denis martin , Marrakech
Marrakech
Lundi 16 février 2009
 La muraille blanche de l’Atlas barre l’horizon étincelant. Nous sortons de l’aéroport Marrakech Menara. Je n’étais pas retourné au Maroc depuis décembre 1990. Nous avions découvert le Sud à bord d’une 4L. Un long chemin qui nous mena D’Agadir à Merzouga quand la route goudronnée n’avançait pas jusqu'aux dunes.
Merzouga, c'est par où?
Ce matin, une 205 beige nous mène à l’hôtel. Il reste peu de 404 ou de 504, voitures que je rencontrais en nombre il y a 20 ans, mais de grosses Mercedes ont pris leur place.
L’hôtel est tout à fait correct pour 300 dirhams, même si l’eau coule bruyamment des robinets. C’est ici Gueliz, la ville moderne, la gare est proche et la Koutoubia au bout de la longue avenue.
L’atmosphère de la place Jemaa el Fna reste inchangée. Mais la crise semble être passée par là : beaucoup de monde, des curieux, des porteurs d’eaux et des dresseurs de serpents, mais peu d’acheteurs. En ce mois de février, les travaux offrent aux touristes des occasions de se perdre davantage. On se bouscule, on klaxonne, slalome, on s’agite et on s’évite. Un enfant renversé par une mobylette est relevé en pleurs, tandis qu’un âne aux dents jaunes attend tristement son fardeau. Dans cette rue menant à la Place, des DVD enregistrés en salle sont en vente. Pour un euro on peut entendre tousser quand Leonardo Di Caprio embrasse sa partenaire.
 
200 dirhams et c'est un bon prix!
Le coucher de soleil sur la terrasse du Café France reste un spectacle inoubliable, quand les fumées des marchands ambulants montent des échoppes dans le  foisonnement des lampes au kérosène. Ces restaurants hélas standardisés font penser à une nuée de lucioles au cœur de la ville. Bien qu’invités avec insistance à nous y asseoir, nous préférons le menu du Toubkal, copieux et très bon marché.
Un orage menace, nous rentrons à pied, Marrakech pétarade, crie puis murmure. Demain nous prendrons le train pour Casa.
la mosquée Hassan II
 
Des images aussi
 

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